Un Symposium riche en contenu

Texte publié le mercredi 2 novembre 2005.

Un Symposium riche en contenu

La cinquième édition du Symposium de perfectionnement des compétences dans le domaine du VIH-Sida de la Société canadienne du sida se tenait à Montréal, cette année. Le directeur et la présidente de la Société pouvaient en cérémonie de clôture, hier, dimanche 30 octobre, se féliciter à juste titre de la bonne tenue de l’événement. Plus de huit cents participants (es) de partout au Canada, des dizaines d’ateliers et, comme toujours dans ce genre de rencontres, quelques découvertes et des contacts entre associations qui permettent d’étendre les réseaux d’échange et de collaboration.

Ne pouvant être partout à la fois, j’ai assisté à huit ateliers dont j’ai pu apprécier la richesse du contenu et la qualité des débats qu’ils soulevaient. Je ne peux pas présumer que tout était du même niveau, mais si je me fie aux échanges dans les moments de pause, il y avait peu de critiques défavorables. Peut-être certaines critiques par rapport à la communication en français, mais certainement pas matière à faire un esclandre sur le sujet. Plutôt sensible moi-même sur cette question, j’ai apprécié l’effort que la Société a fait pour assurer une traduction de qualité sur les lieux d’échanges. Quelques organismes québécois étaient présents (comme exposants), Criss, Stella, CPAVIH et Sero Zero, d’autres l’étaient par leur présence aux ateliers, mais sans vouloir offenser quiconque, la présence québécoise la plus remarquée n’était pas celle d’un organisme communautaire, mais celle du groupe militant Lipo-Action. Ils étaient partout, dans toutes les conversations, au détour de plusieurs débats en ateliers. Lipo-Action est certainement ce que les délégués du Canada anglais vont retenir du Québec. Pour ma part, je retiens la situation déplorable faite aux populations autochtones, autre point fort du Symposium. Je retiens aussi une absence inexplicable, celle de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA). Pourquoi la Coalition n’avait-elle pas un kiosque sur place ? Pourquoi ne participait-elle pas aux ateliers (nombreux) dont les sujets touchent en particulier les personnes séropositives du Québec ? L’occasion aurait été belle de faire connaître le suivi (s’il existe) des recommandations du Forum 2004 qui avait réuni plus de trois cents personnes séropositives du Québec, qui attendent toujours qu’on leur dise que leurs recommandations ne sont pas lettre morte. Faudra-t-il sur les enjeux qui nous préoccupent (logement, pauvreté, soutien au revenu, assurances, etc.) former pour chaque enjeu un groupe militant sur le modèle de Lipo-Action ? Faudra-t-il abandonner l’idée que les organismes communautaires VIH-sida québécois ont la volonté de faire pression pour provoquer le changement ? En tout cas, je serais le plus heureux des hommes si on pouvait me contredire sur ce constat affligeant.

Albert Martin



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