LE CPAVIH, UNE COQUILLE VIDE ?
Par Gilles Thibault
Le 26 novembre dernier, une trentaine de personnes à peine se réunissaient lors de l’Assemblée générale spéciale. Suite à une présentation des réformes de structures un peu sèche, il faut l’avouer, un débat s’est engagé au cours duquel un participant a affirmé que le CPAVIH était devenu une coquille vide. Je confesse que j’ai quitté la réunion après le dîner parce que j’avais besoin de réfléchir. Au lendemain de ce samedi, je vous présente le fruit de mes réflexions.
Un membership réel
Bien qu’il soit toujours déprimant de se retrouver une petite trentaine lors des réunions, nous ne devons pas oublier que le CPAVIH c’est plus de 800 membres inscrits. C’est par et pour eux et elles qu’une telle rencontre prend son sens sinon elle serait, bien sûr, vaine et inutile. Ce qui doit nous préoccuper alors, c’est comment faire en sorte que ces personnes se sentent unies plutôt qu’isolées chacune de son côté et qu’elles en viennent à se mobiliser dans le respect des cheminements personnels. Avant d’engager des critiques négatives et des attaques personnelles, les personnes présentes à ces réunions doivent être conscientes qu’elles discutent et prennent des décisions au nom de tous les membres et même en faveur des PVVIH qui sont encore isolées dans notre société. Le CPAVIH représente une force dont il est dommage de diminuer l’importance.
Nos ressources
Quoiqu’on en dise, le CPAVIH dispose de ressources pour accomplir sa mission de promouvoir les droits des PVVIH quelle que soit la formulation qu’on donne à cette mission. Si l’on ne s’arrête pas à la fonction première de ces ressources, elles peuvent devenir de formidables outils de mobilisation des membres. En effet, chaque fois que nous sommes en contact avec un membre, nous avons la possibilité de l’informer, le sensibiliser, l’amener à participer à une action collective. Voyons ces outils en commençant par ceux qui rejoignent le plus grand nombre de personnes.
Le Point de VIH/e
Le Point de VIH/e est le seul moyen de nous disposons pour rejoindre non seulement tous nos membres mais aussi un nombre appréciable d’autres PVVIH qui en prennent une copie dans les cliniques, pharmacies et unités hospitalières où le bulletin est distribué. Ce peut être un excellent moyen d’information et de mobilisation pour peu que nous y accordions l’importance qu’il mérite. Vous avez pu constater que sa présentation est en cours de transformation afin de le rendre plus intéressant et plus attrayant. Il faut continuer en ce sens. Les deux autres priorités doivent être d’améliorer son contenu tant en ce qui a trait à la pertinence des sujets qu’à la vulgarisation du contenu et d’assurer sa distribution afin de mieux rejoindre la clientèle.
VIH des arts
VIH des arts rejoint plus de la moitié des membres du CPAVIH intéressés à participer à des activités culturelles. Chaque jour, ils sont en contact avec un membre de l’équipe lors des appels téléphoniques et, régulièrement, ils rencontrent un surveillant et d’autres membres lors des spectacles. Tirons-nous tous les fruits possibles de telles occasions de contacts ? Le 21 novembre dernier, lors d’une soirée d’information et de consultation sur la surveillance post-approbation des médicaments, Jean-Pierre Bélisle mentionnait qu’un préposé de VIH des arts, au cours d’une conversation téléphonique avec un membre, pouvait apprendre que cette personne subit un effet secondaire dû à l’utilisation d’un médicament. Elle pourrait donc exercer un rôle de sentinelle dans la collecte communautaire de tels renseignements pour peu qu’elle soit formée en conséquence et qu’elle dispose d’un moyen pour remonter cette information. D’autre part, ces contacts pourraient aussi être utilisés pour rappeler la tenue d’un événement à venir comme les conférences ou les assemblées.
VIH des arts peut devenir bien plus qu’une distribution de billets de spectacles, ce qui n’est déjà pas négligeable au demeurant.
Les conférences
Le Programme d’information en santé et traitements tient cinq conférences chaque année qui regroupent près d’une centaine de participants chacune. Par delà l’information offerte à cette occasion, la rencontre peut permettre d’établir des contacts, de lancer des invitations et d’inscrire des personnes à diverses activités.
Et le reste...
Il en va de même de l’ensemble des activités du CPAVIH qu’il s’agisse des rencontres individuelles au bureau ou des envois postaux. Utilisons-nous tout le potentiel des moyens dont nous disposons déjà pour informer, éduquer et mobiliser ? Je crois qu’il faut miser sur ce qui existe en le bonifiant et en le développant.
Garder le cap
Le moyen compte moins que l’objectif visé. Il serait bien sûr dangereux de se satisfaire de nos résultats actuels. Le CPAVIH n’est ni un club de loisirs, ni un organisme de services et il doit devenir de plus en plus un organisme de promotion des droits. Les dirigeants et l’équipe des employés et bénévoles doivent avoir clairement en tête cette visée et rappeler sans cesse la destination. Il importe peu que l’on emprunte des détours et des chemins de traverse tant qu’on se souvient où on va.
C’est davantage par la formation et l’échange d’information dans les deux directions que nous pourrons développer le CPAVIH que par une réforme des structures. Il importe plus de partager avec des autochtones et des détenus sur leur expérience avec le VIH que de leur réserver un siège au CA. Unissons nos efforts et agissons maintenant !


