PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : Une promesse difficile à tenir - OUGANDA : Peine de mort pour les gays séropositifs ? - MADAGASCAR : La lutte contre le sida ralentit - CANADA : QUÉBEC : Injection supervisée : le ministre doit agir - DOCUMENTS : Des brochures pour mieux comprendre l’infection au VIH - CAS CLINIQUE : Anémie hémolytique aiguë chez un patient VIH+ consommateur de poppers - TÉMOIGNAGE : France : Prof et séropo, j’ai appris à pratiquer mon métier autrement - CANADA : QUÉBEC : SPOT, ou le dépistage rapide à Montréal - FRANCE : Jean-Luc Romero (UMP) rejoint le PS

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PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : Une promesse difficile à tenir
Brèves du Pacifique - 08/12/2009
Le gouvernement papou s’est engagé à stopper la propagation du Sida d’ici 2015. Un objectif qui semble hors de portée. Chaque semaine des jeunes femmes se rendent à la Fondation des amis de Port Moresby, la capitale, pour prendre un repas gratuit et du lait en poudre pour leurs enfants et obtenir quelques conseils. Toutes et tous sont séropositifs. L’une de ces jeunes filles, qui a préférer garder l’anonymat, nous a confié, qu’elle n’a pas dévoilé sa maladie à ces parents étant donné les préjugés qui accompagnent le Sida. Cette Fondation s’occupe également des orphelins séropositifs. Tessi Soi, la fondatrice, précise que l’année dernière, 50 enfants et leurs parents ont eu recours aux services de la Fondation des amis, mais que ce chiffre a triplé au cours de l’année 2009. En Papouasie Nouvelle-Guinée, 10 000 personnes environ suivent un traitement antiviral et les fonds d’achat de médicaments antirétroviraux sont maintenant à sec.
Source : http://24hdanslepacifique.com/
OUGANDA : Peine de mort pour les gays séropositifs ?
lundi 7 décembre 2009
Communiqué de presse du Centre LGBT Paris Ile-de-France
La loi que se propose d’adopter le gouvernement ougandais aboutirait à l’emprisonnement à vie, voire à l’exécution des homosexuels et des lesbiennes. La loi anti-homosexualité de 2009 est en passe d’être adoptée par le gouvernement ougandais ; selon la clause 2, une personne accusée d’homosexualité est passible d’emprisonnement à vie, mais si elle est également VIH séropositive, il s’agit alors d’homosexualité aggravée et la sentence encourue est la peine de mort.
La loi envisage également une sanction de trois années d’emprisonnement pour quiconque ne rapporterait pas à la connaissance de la police dans les vingt quatre heures, l’homosexualité d’une personne et une sanction de sept années d’emprisonnement pour toute personne impliquée dans la défense des droits des gays et des lesbiennes. Le Premier Ministre britannique Gordon Brown et Stephen Harper, le Premier ministre canadien, ont réagi en marge du sommet du Commonwealth, en affirmant que cette législation était inacceptable. Nous sommes loin en effet de l’application des principes de Yogyakarta que nous réclamons vigoureusement depuis quelques années, il s’agit dans ce cas, de sauver la vie de nombreux gays et lesbiennes ougandais, séropositifs ou non. Une mobilisation des ONG et des États s’impose de toute urgence, nous en appelons au Quai d’Orsay et au gouvernement français pour qu’il intervienne afin que le gouvernement ougandais retire cette loi qui fait grossièrement fi des droits humains fondamentaux.
Christine Le Doaré
Présidente du Centre LGBT Paris IdF
Source : http://www.sida-info-service.org/
MADAGASCAR : La lutte contre le sida ralentit
Fanja Saholiarisoa
Date : 07-12-2009
La caisse destinée à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH est vide. Une levée de fonds pour leur venir en aide s’avère impérative.
Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) de nouveau dans l’expectative. Le fonds de garantie assurant leur prise en charge médicale est à sec. Ce fonds a été mis en place depuis novembre 2007 pour couvrir les besoins médicaux payants des malades qui n’ont pas de ressources financières. Il s’agit d’une caisse permettant aux PVVIH de bénéficier des soins urgents. « La crise a affecté la plupart des membres qui cotisent pour le fonds de garantie. Ainsi, peu de liquidités ont été collectées au cours de cette année », explique Jack Rasoanaivo, responsable du fonds de garantie au sein de l’association Fifafi d’Analamanga, qui s’inquiète de l’avenir des PVVIH à Madagascar.
Dettes de Ar 10 millions
Depuis sa mise en place, plusieurs malades ont pu bénéficier de ce fonds. Actuellement, ils sont désemparés face à cette situation. « L’association de Fonds de solidarité a pu prendre en charge 75 PVVIH et cinq enfants au cours de cette année. Avec cet effectif, nous enregistrons une dette de plus de 10 millions d’ariary auprès des hôpitaux de référence », affirme le responsable. Il explique que les soins médicaux coûtent cher. Une PVVIH dépense Ar 60 000 pour un bilan médical et Ar 100 000 pour le traitement des infections. Des généreux donateurs sont venus en aide au fonds de garantie. Pour ne citer que le collège de France, la société Shell Madagascar. « Les besoins sont encore énormes. Le fonds de garantie ne doit en aucun cas être minimisé. La vie des PVVIH en dépend énormément », souligne Jack Rasoanaivo… (suite de l’article)
Source : http://www.lexpressmada.com/
CANADA : QUÉBEC : Injection supervisée : le ministre doit agir
MONTRÉAL, le 7 déc. /CNW Telbec/ - L’Association pour la Défense des Droits et l’Inclusion des personnes qui Consomment des drogues du Québec (ADDICQ) se réjouit de l’avis de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) en faveur des services d’injection supervisée.
Pour l’ADDICQ, la mise en place de tels services est une urgence. Si notre société désire mettre un terme aux épidémies de VIH / Sida et d’hépatite C (VHC), il faut offrir des services qui soutiennent toutes les citoyens afin d’améliorer leur chances de vie. D’après l’étude Surv-UDI, la prévalence du VIH chez les personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI ) serait de 15%. Pour l’hépatite C, les données sont encore plus alarmantes à savoir 62%. D’ailleurs, pour la Direction de la Santé Publique, ces épidémies ne seraient "définitivement pas sous contrôle". L’avis de l’INSPQ vient s’ajouter à la voix de nombreux autres organismes comme l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Association Médicale Canadienne qui se sont déjà positionnés en faveur de tels services. Pour Kaven Dion, porte-parole de l’ADDICQ : "Maintenant que tous les experts se sont prononcés en faveur des services d’injection supervisée, la balle est dans le camp du Docteur Bolduc. Il doit assumer son rôle de ministre de la santé en implantant des services d’injection supervisée". Selon Sophie Sénécal, également porte-parole de l’ADDICQ : "Le Ministère de la Santé a été en mesure d’offrir une réponse rapide à la pandémie de grippe A H1N1, il se doit d’agir tout aussi rapidement pour la population à risque de contracter le VIH/Sida et l’hépatite C". Il est important de rappeler que la toxicomanie est un problème de santé, mais aussi de société avant d’être une question de sécurité publique ou de morale. Des milliers de personnes meurent chaque année au Canada dû aux complications liées à l’injection de drogues. Il est urgent d’agir. Il est encore temps de sauver des vies. La mise en place de services d’injection supervisée pourrait faire toute la différence. C’est pourquoi, l’ADDICQ demande au gouvernement provincial de baser ses décisions en matière de drogues sur les preuves scientifiques de l’INSPQ mises à leur disposition et non sur leurs préjugés… (suite de l’article)
Source : http://www.newswire.ca/
DOCUMENTS : Des brochures pour mieux comprendre l’infection au VIH
Par Aude Segond, Crips (France) 07/12/09
Le National Aids Manual (NAM) a traduit en français et mis en ligne quatre de ces brochures destinées aux personnes vivant avec le VIH.
Le taux de cellules CD4, la charge virale et autres tests (PDF, 212Ko)
Cette brochure explique les examens médicaux, courants et moins courants, pratiqués dans le cadre du suivi médical : surveillance globale de la santé, analyses de sang, taux de lymphocytes T CD4, charge virale, glycémie et lipidémie, bilan hépatique et rénal, radiologie et endoscopie.
L’observance thérapeutique et la résistance (PDF, 324Ko)
Destinée aux personnes sous traitement antirétroviral (ARV), cette brochure explique l’importance de l’observance et propose des astuces pour aider à prendre ses médicaments au quotidien. La seconde partie explicite les notions de résistance et de résistance croisée à certains ARV. Elle fournit aussi des éléments d’information à propos des tests de résistance et de leur place dans le suivi.
Les effets secondaires (PDF, 262Ko)
Cette brochure fournit des informations sur les effets indésirables possibles des antirétroviraux. Elle détaille les réactions allergiques puis les types d’effets les plus fréquents : diarrhées, nausées et vomissements, maux de tête, troubles du sommeil ou de l’humeur, troubles sexuels et fatigue. Elle aborde ensuite les effets secondaires à long terme : troubles rénaux, troubles du métabolisme, lipodystrophies, atteintes hépatiques, neuropathies périphériques. Les effets rares sont enfin évoqués : troubles osseux, acidose lactique et pancréatite.
Le VIH et la tuberculose (PDF, 201Ko)
Cette brochure fournit des informations de base sur la tuberculose et sur ses conséquences en cas de co-infection VIH. Elle évoque la maladie (modes de transmission, symptômes, diagnostic), les raisons pour lesquelles les personnes séropositives y sont plus vulnérables, son traitement et sa prévention. Elle aborde les interactions entre les médicaments contre la tuberculose et les médicaments anti-VIH ainsi que les formes de tuberculoses résistantes.
Source : http://www.vih.org/
CAS CLINIQUE : Anémie hémolytique aiguë chez un patient VIH+ consommateur de poppers
Rédigé le 7 décembre 2009
La consommation de drogues récréatives est répandue chez les sujets infectés par le VIH. Parmi celles-ci, les poppers, utilisés dans les cercles homosexuels depuis les années 1970 puis étendus ensuite à d’autres usagers en milieu festif, sont considérés à tort comme peu dangereux. La revue de Médecine interne vient de publier le cas d’un homme ayant présenté une anémie hémolytique aiguë après usage intensif de poppers.
Le point sur les poppers
La législation
Les poppers (dits aussi nitrites d’alkyle aliphatiques) sont des préparations contenant des nitrites dissous dans des solvants, présentés comme aphrodisiaques et euphorisants. Ils se présentent sous la forme d’un liquide très volatile contenu dans un petit flacon ou une ampoule à briser pour pouvoir l’inhaler. Ils peuvent être également vaporisés, servant de désodorisants dans certaines discothèques. Ces substances sont soumises au régime juridique applicable aux produits classés comme stupéfiants. Colles, solvants et poppers relèvent en effet des substances identifiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme susceptibles d’engendrer une dépendance aux solvants volatils. En France, le décret de 1990 interdisait la vente et la distribution gratuite des poppers à base de nitrites de butyle et de pentyle ou leurs isomères (décret n° 90-274 du 26 mars 1990). Par contre, les poppers à base de nitrites d’amyle ou de propyle, non mentionnés dans le décret d’interdiction échappaient ainsi à la réglementation et étaient de ce fait disponibles dans certains établissements (sex-shops, saunas, clubs et bars gays). Le cadre d’interdiction de la diffusion de ces substances a été élargi par le décret du 20 novembre 2007 qui abrogeait celui de 1990. Il interdisait non plus seulement la commercialisation et la distribution à titre gratuit mais aussi la fabrication, l’importation, l’exportation, l’offre, la détention en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit de tous les produits relevant du terme générique de " poppers ". Ce nouveau texte étendait donc le champ des substances prohibées aux nitrites d’amyle et de propyle et leurs isomères. Le décret du 20 novembre 2007 a été annulé par le Conseil d’État le 15 mai 2009 sur la requête du principal distributeur du produit en France (Men’s Club) et du fabriquant (France Conditionnement Création) et de plusieurs associations dont le Syndicat national des entreprises gaies au motif que : " le Premier ministre, en l’état des éléments versés au dossier, a adopté une mesure excessive et disproportionnée au regard des risques que représente la commercialisation de ce produit pour la santé et la sécurité des consommateurs ". L’interdiction portant sur les poppers à base de nitrites d’amyle et de propyle et leurs isomères est donc levée depuis mai 2009 mais la distribution et la commercialisation des poppers à base de nitrites de butyle et de pentyle (ou leurs isomères) restent interdites.
La consommation
Les résultats de l’enquête ESCAPAD 2008 de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) montrent que la consommation de substances inhalantes connait une évolution en dents de scie mais est en augmentation depuis 2005. Parmi ces inhalants, les poppers sont en très nette hausse depuis 2003 et surtout depuis 2005. Cette augmentation pourrait être liée au changement de statut légal de ces produits dont la vente était contrôlée puisque limitée aux majeurs dans les sexshops, avant d’être interdite en novembre 2007. Cette interdiction aurait eu pour conséquence une soudaine augmentation de l’offre via une baisse des prix pour liquider les stocks des fabricants et des revendeurs. De plus, la visibilité et la disponibilité de ces produits sont également croissantes sur Internet.
Les effets
Ces substances ont la propriété de provoquer une sensation d’euphorie, une dilatation intense des vaisseaux et une accélération du rythme cardiaque. Ils sont souvent utilisés dans le but d’optimiser les performances sexuelles, bien que leurs effets ne durent pas plus de deux minutes. La consommation de poppers peut entraîner des troubles transitoires à type de vertiges, nausées, maux de tête. Dans les cas de prises répétées ou durables, à forte dose ou associées à d’autres produits, on peut assister à des effets beaucoup plus graves tels que dépression respiratoire, anémie grave, problèmes d’érection, problèmes hématologiques, méthémoglobinémies [1], [2] parfois mortelles.
Anémie hemolytique aiguë
Cas clinique
La revue de Médecine interne présente le cas d’un homme de 32 ans, caucasien, infecté par le VIH depuis 1996 et traité par l’association rétrovir, lamivudine, et abacavir, consultant pour une asthénie associée à une dyspnée d’effort. Le taux de CD4 est de 615 par mm3, la charge virale VIH est inférieure à 50 copies par millilitre. L’examen clinique montre un patient apyrétique avec une hémodynamique normale mais présentant une paleur conjonctivale. L’auscultation cardio-pulmonaire est sans anomalie et il n’y a pas d’hépatosplénomégalie. L’hémogramme objective une anémie normochrome normocytaire avec une hémoglobine à 8,5 g par dL, isolée. La bilirubine est à 38 UI par ml, l’haptoglobine est basse (0,01 g par litre) et la lactate-deshydrogénase (LDH) augmentée. Le test de Coombs est négatif. Les dosages (vitamines B12, folates, G6PD) sont normaux. L’électrophorèse de l’hémoglobine est sans anomalie. L’interrogatoire retrouve chez ce patient l’usage intensif de poppers le week-end précédent.
Diagnostic
On parle d’hémolyse, c’est-à-dire de destruction prématurée des globules rouges, quand leur durée de vie est de moins de 100 jours, plutôt que de 120 jours, qui est un laps de temps normal. Une anémie va apparaître si la moelle ne réussit pas à compenser.
Lorsqu’il y a hémolyse, on trouve les anomalies biologiques suivantes :
un taux sérique accru de lacticodéshydrogénase (LDH), enzyme présente en grande quantité dans les globules rouges et qui est libérée lors de leur destruction ;
un taux réduit d’haptoglobine, protéine qui lie l’hémoglobine relâchée dans le plasma lors de l’hémolyse ;
un taux de bilirubine indirecte augmenté (surtout lorsque l’hémolyse est grave ou chronique). Dans une étude menée chez 100 patients hospitalisés en raison de divers troubles hématologiques, une haptoglobine inférieure à 25 mg par litre a eu une valeur prédictive positive de la présence d’une hémolyse de 87 %, une sensibilité de 83 % et une spécificité de 95% La combinaison d’une augmentation des taux sériques de LDH et d’une diminution de l’haptoglobine a été spécifique d’une hémolyse à 90%.
Physiopathologie
Cette anémie hémolytique aiguë a été attribuée à l’usage de poppers. Le mécanisme impliqué est un stress oxydatif lié aux nitrites et parfois potentialisé par l’existence d’un déficit en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD), enzyme catalysant la première étape de la voie des pentoses et permettant, dans le globule rouge, la réduction du NADP en NADPH, coenzyme essentiel à la lutte contre les agressions oxydantes. Le nitrite d’amyle, donneur de monoxyde d’azote ne doit jamais être associé aux médicaments de la dysfonction érectile comme le sildénafil dont le mode d’action au niveau de la voie monoxyde d’azote/guanosine monophosphate cyclique (GMPc) potentialise les effets hypotenseurs [3]. L’association sildénafil, nitrite d’amyle peut entraîner une chute de tension importante avec malaise, vertiges, vision trouble, acouphènes. Le nitrite d’amyle doit également être évité chez les patients VIH traités par antirétroviraux, en particulier le ritonavir… (suite de l’article)
Source : http://femmesida.veille.inist.fr/
TÉMOIGNAGE : France : Prof et séropo, j’ai appris à pratiquer mon métier autrement
Par Cedric P. | Enseignant certifié sur poste adapt... | 08/12/2009
Trente ans après le début de l’épidémie, le VIH/sida reste en France une pathologie taboue, on est considéré comme le pestiféré, le lépreux d’autrefois. Ce qui m’oblige à témoigner sous un faux prénom pour me protéger (et protéger ma famille).
J’ai découvert ma séropositivité en 1999, et ce fut pour moi une annonce de mort : le médecin avait beau m’expliquer que cela se soignait bien grâce aux trithérapies, je me suis vu dans le trou ! Je n’ai pas eu le temps de me laisser aller car trois jours plus tard je me retrouve aux urgences, puis hospitalisé pendant un mois et demi pour traiter, et guérir, ma pneumocystose qui trainait déjà depuis plusieurs mois sans que je le sache. Mes amis sont restés mes amis, mais hélas, je sais que ce n’est pas toujours le cas. Il faut trouver les bons mots et le bon moment pour le dire. On ne dit pas entre le fromage et le dessert : « Ah au fait, faut que je vous dise, je suis séropo ! ». Je sentais bien que je les faisais entrer là dans mon intimité, et cela nécessitait que je trouve le bon moment pour le faire. C’est une annonce très violente pour soi-même aussi bien que pour les autres.
Je reprends le travail le plus vite possible
C’est dans le travail que ma séropositivité a eu les plus grandes répercussions. J’ai démarré ma trithérapie au printemps 1999, à la fin de mon hospitalisation pour pneumocystose, forme très grave de pneumonie, qui apparaît fréquemment lorsque l’on entre en stade sida. J’ai pu reprendre le travail quelques mois après ma sortie de l’hôpital car j’avais une grande volonté de m’y remettre, mais mon séjour à l’hôpital, précédé de l’annonce de mon VIH, m’avait beaucoup secoué et j’avais besoin de souffler. J’étais quand même entré en phase sida C4 avec 26 T4 survivants et une charge virale de 1,6 millions de copies par millilitre de sang (pour plus de détails sur la charge virale, (je renvoie à ce document qui explique assez clairement de quoi il s’agit exactement) Ça calme ! Sans les médicaments antirétroviraux, je ne serais sans doute plus là. J’ai donc repris mon travail d’enseignant à la rentrée 1999 et j’ai tenu bon, car j’aime mon métier, que j’ai pratiqué dans différents contextes par le passé avant d’être titularisé en 1998 suite à mon Capes. Mais peu à peu, les choses sont allées en se compliquant : sournoisement, mes traitements antirétroviraux, très toxiques, ont fait des dégâts par les effets secondaires qu’ils ont provoqués dans mon corps. Les lipoatrophies (perte des tissus adipeux) ont ravagé mes jambes progressivement, à mon insu, sans compter ma cythopathie mitochondriale qui a stoppé ma centrale énergétique interne, d’où mes fréquents coups de barre me laissant KO.
Prendre ses médicaments en cachette
Début 2003, j’étais au bout du rouleau, épuisé par mes traitements, d’autant plus que je travaillais dans un collège difficile, avec des classes très dures, qu’il me fallait tenir à bout de bras au quotidien. Déjà que quand on est en pleine forme le métier d’enseignant est épuisant nerveusement aussi bien que physiquement et intellectuellement (je me rends compte aujourd’hui que l’on forme un tout et que l’on ne peut pas se saucissonner, lorsque le psychique est atteint c’est le physique qui trinque aussi). Alors quand on souffre d’une pathologie qui implique un traitement lourd, handicapant et socialement stigmatisant, cela devient une vraie galère, d’autant plus que les élèves sont impitoyables et s’engouffrent dans la moindre de vos vulnérabilité, qu’ils sentent comme s’ils avaient des antennes. Je prenais alors mes médicaments du midi en cachette dans les toilettes, pour éviter les questions des collègues pendant le déjeuner, questions qui n’auraient pas manqué de surgir. Il n’était évidemment pas question que les élèves de mon collège apprennent ma séropositivité, car cela se serait immanquablement retourné contre moi, certains élèves, voire certains parents, en profitant pour me vulnérabiliser.
De la classe au tutorat pédagogique par internet
Heureusement que je bénéficie d’un statut protecteur, sinon je me serais retrouvé au chômage, placé au mieux en Allocation adulte handicapé, avec un revenu d’environ 700 euros nets par mois. Je serais devenu pauvre et précaire, comme c’est le cas pour une majorité de personnes séropositives, la moitié étant sans emploi. Il ne m’était pas possible physiquement ni mentalement de faire face à la classe. La rupture était telle que j’aurais couru à l’abattoir ! J’ai donc été placé en congé de longue maladie, avec maintien de mon salaire, début 2003, congé que je faisais renouveler tous les 3 mois. Depuis 2007, je travaille en poste adapté à domicile, étant reconnu travailleur handicapé avec une Reconnaissance de quotient de travailleur handicapé accordée par la Maison des personnes handicapées, anciennement Cotorep, et je corrige des copies à domicile pour le Cned. Il me faut impérativement un poste assis.
Plus handicapé que malade
Personnellement, ma séropositivité me fait sentir plus handicapé que malade, car je ne suis pas malade à proprement parler, puisque je prends des médicaments pour ne pas l’être (mais ce sont justement ces médicaments qui m’ont porté préjudice tout en me sauvant, c’est tout le côté paradoxal de mon traitement). Grâce à ce poste qui me convient très bien, j’ai la chance de pouvoir me former à de nouvelles compétences, car en plus de mes copies je m’investis dans le travail à distance par Internet et participe à divers groupes de travail avec des collègues. Je peux continuer à exercer mon métier tout en le pratiquant autrement, c’est-à-dire sans être en présence d’élèves dans un établissement classique mais en suivant des élèves vivant dans le monde entier, dont je corrige les copies et à qui je suis aussi amené à proposer du tutorat pédagogique par Internet. C’est une chance incroyable, car je ne cesse de me former depuis que je suis sur ce poste, et d’enrichir mon expérience et mes compétences. Pour éviter de broyer du noir, j’essaie de ne plus penser à longue échéance. Je suis toujours de ce monde et c’est déjà énorme. Cette clandestinité vis-à-vis de mes collègues, j’aurais préféré l’éviter. Mais être malade est source de suspicion dans le monde du travail, qui plus est quand on est séropositif au VIH. Pourtant, cette pathologie concerne tout le monde, tous les âges, toutes les catégories sociales, les hommes aussi bien que les femmes, les hétéros aussi bien que les homos. I have a dream : je rêve qu’un jour une campagne telle que « 2 millions de héros ordinaires » pour le cancer soit possible pour les personnes séropositives… (suite de l’article)
Source : http://eco.rue89.com/
CANADA : QUÉBEC : SPOT, ou le dépistage rapide à Montréal
mardi 8 décembre 2009
par SB, Yul
On parle beaucoup en France du dépistage rapide réalisé par l’association AIDES. Mais un autre projet existe actuellement, à Montréal. Son nom : SPOT. Lui aussi associe test rapide pour les « gars qui baisent avec des gars » et recherche scientifique. Initié fin juillet au cœur du Village, SPOT s’étend en janvier à deux cliniques médicales. Claire Thiboutot, sa coordinatrice, nous en fait la présentation. Interview par Warning-Montréal.
Claire Thiboutot travaille dans le domaine du VIH/sida depuis plus de 15 ans. Elle a fondé et dirigé Stella, un organisme montréalais de prévention du VIH par et pour les travailleuses du sexe. Elle a également travaillé pour Médecins du Monde Canada au Vietnam où elle coordonnait un programme de prévention du VIH auprès des travailleuses du sexe et des UDI. Depuis l’automne 2008, elle coordonne le projet SPOT.
Qu’est-ce que le projet SPOT ?
Un service novateur de dépistage du VIH rapide et de counseling (conseil et information en prévention), gratuit et anonyme pour les gars qui baisent avec des gars. SPOT se déroule en milieu communautaire et aussi dans deux cliniques. Mais c’est aussi un projet de recherche. Le projet est le fruit de la collaboration de plusieurs acteurs des milieux communautaire, universitaire, de santé publique et clinique, et une réponse à plusieurs préoccupations partagées par la communauté gaie et le milieu médical et scientifique. Au Canada, 27% des personnes qui vivent avec le VIH ignorent leur statut. À Montréal, la situation est similaire parmi les HARSAH [1] : dans l’enquête Argus de 2005, 12,5 % des répondants étaient infectés par le VIH, dont 23,2 % d’entre eux qui l’ignoraient, et l’utilisation du condom diminuait. Enfin, 50 % des nouveaux cas d’infection serait transmis par des personnes séropositives au VIH depuis moins de 6 mois [2]. Face à cette situation, nous avons souhaité mettre sur pied un projet pour faciliter l’accès au dépistage et limiter ainsi la transmission du VIH.
Qu’est-ce que SPOT offre de différent par rapport aux services de dépistages montréalais actuels ?
1) Il utilise la trousse de dépistage rapide, qui permet un résultat au cours de la même visite. Le dépistage rapide est disponible à très peu d’endroits au Québec. 2) Il est totalement gratuit.
3) C’est un projet de recherche permettant un processus entièrement anonyme, ce qui n’est pas le cas ailleurs.
4) Des intervenants communautaires font le counseling pré et post-test. Généralement, counseling et dépistage sont réalisés par des médecins et infirmières [3].
5) Un lieu de dépistage au choix. Soit en milieu communautaire dans un local discret et chaleureux dans le village, différent des environnements cliniques et médicaux habituels, en collaboration avec l’organisme REZO (ex Séro Zéro). Soit dans deux cliniques médicales.
Un projet de recherche, pour quoi faire ?
Pour mieux comprendre les différents facteurs qui contribuent à la transmission du VIH, avec deux grands volets : psychosocial et biologique (immunologique et virologique). Les objectifs ? 1) mieux comprendre ce qui motive les HARSAH à se faire dépister pour le VIH ; 2) identifier les raisons qui motivent le choix de l’un ou l’autre type de test (standard ou rapide) et de l’un ou l’autre lieu de dépistage (clinique ou site communautaire) ; 3) documenter la satisfaction à l’égard de ces choix ; 4) identifier les comportements sexuels qui mènent à de nouvelles infections ; 5) évaluer les effets de différentes approches de counseling sur les comportements sexuels ; 6) évaluer la validité de nouveaux tests de dépistage et 7) surveiller les différentes souches du virus et les résistances aux médicaments.
Il va être fort intéressant d’avoir de premières données documentant l’intérêt des HARSAH pour le test de dépistage rapide, et de nouvelles données sur les aspects psychosociaux pour mieux comprendre l’évolution de l’épidémie chez les HARSAH de Montréal. Enfin tout le volet biologique servira entre autres à développer de nouveaux tests de dépistage qui, nous l’espérons, vont nous permettre de dépister le VIH beaucoup plus tôt après l’infection… (suite de l’article)
Note de Fréquence VIH : entrevue-radio de Claire Thiboutot sur le projet SPOT
Source : http://www.thewarning.info/
FRANCE : Jean-Luc Romero (UMP) rejoint le PS
Le Mardi 8 décembre 2009
Écrit par Cyril Cambaz
Jean-Luc Romero sera candidat aux régionales en Ile-de-France sur la liste socialiste. Il a décidé de quitter l’UMP.
L’ancien secrétaire national de l’UMP, Jean-Luc Romero, va figurer comme "personnalité d’ouverture" sur la liste du Parti socialiste aux élections régionales en Île-de-France. Dans un communiqué intitulé « Je serai naturellement candidat sur la liste de Jean-Paul Huchon », Jean-Luc Romero estimé « logique » son « ralliement à la majorité du conseil régional ». « L’UMP ne s’intéresse absolument pas aux questions de société comme le sida qui est pourtant une question majeure de santé publique », estime-t-il… (suite de l’article)
Source : http://www.actualite-francaise.com/


