RÉFLEXION : VIH et charge virale : la notion d’indétectabilité est-t-elle en train de modifier les constructions de la maladie ? - UKRAINE : L’épidémie de sida risque de devenir généralisée - ONUSIDA : Les lois qui sanctionnent pénalement risquent de tout compromettre - KENYA : Emuhaya et ses pierres qui parlent - DJIBOUTI : Lancement de la VIIe semaine nationale de lutte contre le VIH/sida : Vaincre les tabous - CANADA : QUÉBEC : L’éducation sexuelle dans les écoles contre le VIH - ASSOCIATIONS : Warning fête ses cinq ans, c’est parti pour l’avenir - BELGIQUE : Warning invite les gays bruxellois à se joindre à nous pour changer la prévention - OPINION : Sauver la prévention gay en France - FRANCE : Act Up-Paris décerne son « Ga Bu Zo Meu » ou « Shadock d’or » à Warning - FRANCE : Sida : les dépistages insuffisants chez les populations à risque - ESPAGNE : Prévention : Spot : « Fuck You Sida ! » - FRANCOPHONIE : Les parlements francophones pour la création de fonds nationaux de lutte contre le sida - FRANCE : gay-sex-prev.fr : la santé gay en ligne - HÉPATITE C : Un traitement prometteur - CAMEROUN : La sensibilisation de proximité porte ses fruits - PACIFIQUE : Ban encourage les pays du Pacifique à agir pour l’insertion sociale des séropositifs - FRANCE : Star du porno : Sexe, prévention et vidéos (1/8) : “Je mets une capote et du gel”, par François Sagat - ÉTUDE : Porno : les hommes regardent, mais sans incidence

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Rédigé le 3 décembre 2009
Les traitements antirétroviraux permettent de plus en plus l’obtention rapide d’une charge virale plasmatique indétectable. Cette notion d’indétectabilité, qui semble aujourd’hui centrale dans le discours biomédical, est en train de modifier les constructions du VIH et de la maladie, et affecte la relation médecin-patient.
Charge virale indétectable : définition et enjeux cliniques
La charge virale représente la quantité de virus présente dans le sang. L’objectif principal du traitement antirétroviral est d’empêcher la progression vers le Sida en restaurant un nombre de lymphocytes CD4 supérieurs à 500/mm3. Pour atteindre cet objectif, le traitement antirétroviral doit rendre la charge virale plasmatique indétectable (‹ 40 à 50 copies/ml en fonction des tests).
Ce succès thérapeutique présente de nombreux avantages :
meilleure restauration immunitaire ;
limitation du risque de sélection de virus résistants ;
succès thérapeutique à long terme ;
remontée des lymphocytes T CD4 ;
moindre fréquence des évènements cliniques ;
amélioration globale de la santé et possiblement de la survie.
L’indétectabilité et sa symbolique
La charge virale (CV) constitue le critère biomédical objectif dominant dans le traitement du VIH. Le rapport Yeni note que « pour atteindre l’objectif principal du traitement antirétroviral qui est d’empêcher la progression vers le SIDA, il faut que ce traitement rende la CV indétectable a moins de 50 copies/ml ». La CV étant le critère actuel dominant pour définir le succès ou l’échec du traitement, il y a danger de réductionnisme : la complexité de la maladie est occultée car elle est réduite à un déterminant immuno-virologique bien défini. Ce phénomène risque d’atténuer la prise en compte des demandes exprimées par le patient. La notion d’indétectabilité pourrait modifier la représentation du VIH sur le plan socio-culturel et notamment dans les médias. L’infection à VIH/sida pourrait se voir banalisée et en perdant son caractère de gravité, aboutir à une notion de moindre nécessité de la prévention, les médias présentant les traitements comme une panacée contre le VIH. L’indétectabilité étant souvent associée à la notion de non-infectiosité aurait des conséquences sur les conceptions du droit et de la responsabilité et donc sur les décisions de justice. Ainsi en février 2009, une cour d’appel suisse a acquitté et libéré en appel une personne séropositive condamnée initialement à 18 mois de prison ferme pour des rapports non protégés. Elle a conclut qu’un séropositif sous traitement ne peut pas être poursuivi pour exposition à un risque de contamination, même en l’absence de l’utilisation d’un préservatif.
La relation médecin-patient
L’indétectabilité étant associée à la notion d’efficacité thérapeutique pourrait entrainer une modification chez le médecin de la représentation du traitement. Celui-ci, considéré comme « magique », renforcerait la satisfaction du thérapeute réaffirmant ainsi la force et l’importance de son expertise médicale. La consultation pourrait aussi en être affectée :
consultation écourtée puisque les effets secondaires sont plus minimes et que la gestion du traitement s’en trouve facilitée ;
ou, au contraire, utilisation de cette plage de temps pour discuter avec le patient des problèmes qui ne sont habituellement pas suffisamment soulevés.
Représentation de l’indétectabilité chez le patient
Les avantages de l’indétectabilité pour le patient pourraient être de plusieurs ordres (hypothèses avancées par les auteurs) :
perception d’un état de santé satisfaisant ;
reconnaissance de l’expertise du médecin, associé un encadrement biomédical performant, qui prend soin de lui ;
atténuation voir disparition des affects, de honte, de culpabilité et de souillure ;
renormalisation des rapports avec l’entourage puisque le statut de malade, atténué, ne sera rappelé que par la prise des médicaments et le suivi clinique ;
Malheureusement, on peut supposer aussi qu’une charge virale indétectable entraîne certaines conséquences négatives pour le patient comme :
le patient peut prendre conscience de certaines contradictions : malgré la normalisation immunovirologique, ses conditions de vie peuvent rester difficiles et il peut continuer à éprouver des difficultés sur le plan psychosocial ;
il peut aussi avoir le sentiment de ne pas être suffisamment écouté dans ses demandes par le médecin qui aura le sentiment que sa mission est accomplie ;
une normalisation si vite acquise pourrait fermer un espace d’expression d’une plainte que la souffrance avait ouverte ;
le sentiment de guérison et de non infectiosité pourrait jouer sur la réévaluation, par le patient, des stratégies de prévention et de prise de risque dans sa vie sexuelle.
Conclusion
L’indétectabilité offre un gain de temps clinique et ouvre un espace de discussion possible au sein de la relation médecin-patient. Par contre, elle entraîne un risque de réduction de l’évaluation de la santé au seul critère biologique de la charge virale. Elle aurait un impact plus contradictoire sur la qualité de vie, la question du bien-être étant plus complexe puisqu’elle est plus lente à évoluer.
Dans la presse scientifique :
Nouveaux traitements et indétectabilité du VIH. Un risque dans la relation médecin-patient ? ; B. Lebouché, J.J. Levy ; Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 39, Issue 10, Supplement 2, October 2009, Pages H8-H11
Source : http://femmesida.veille.inist.fr/
UKRAINE : L’épidémie de sida en Ukraine risque de devenir généralisée
Kiev, 30 nov 2009 (AFP)
L’épidémie de sida en Ukraine, la plus sévère en Europe, risque de se généraliser, les rapports hétérosexuels devenant la principale voie de transmission du virus VIH, ont déploré lundi à Kiev des responsables ukrainiens et de l’ONU.
« La voie hétérosexuelle est devenue la principale et la part de nouveaux cas du virus transmis lors de la consommation de drogues baisse », a déclaré la coordinatrice de l’Onusida en Ukraine, Anna Chakarichvili, lors d’une conférence de presse. Cette tendance « menace de rendre l’épidémie généralisée » alors qu’elle est actuellement « concentrée » essentiellement sur les groupes à risque (prostituées, homosexuels, toxicomanes), a ajouté une responsable du ministère de la Santé, Svitlana Tcherenko. Jusqu’à présent, la consommation de drogues par intraveineuse était considérée comme le principal moteur de l’épidémie du sida en Ukraine. Sans une réponse rapide et efficace, « l’épidémie peut réduire l’espérance de vie masculine en Ukraine de jusqu’à quatre ans et réduire son PIB de 6% d’ici 2014″, a souligné l’Onusida dans un communiqué en déplorant l’insuffisance de fonds budgétaires destinés à la lutte contre ce fléau. Sur 46 millions d’habitants, environ 340.000 Ukrainiens âgés de plus de 15 ans sont considérés comme séropositifs, soit 0,86% de la population adulte, selon les estimations gouvernementales. Officiellement, 151.000 cas de contamination par le VIH ont été enregistrés de 1987 à juillet dernier. Le nombre le plus important de nouveaux cas a été recensé en 2008, presque 19.000, soit une hausse de 7,3% par rapport à l’année précédent. Au seul premier semestre de cette année, plus de 10.000 nouveaux cas ont été enregistrés contre 9.400 pendant la même période de 2008. Des progrès significatifs n’ont été observés que dans un domaine, celui de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, qui a chuté de 27% en 2000 à 7% en 2008, selon l’Onusida… (suite de l’article)
Source : http://www.news-assurances.com/
Genève, 1er décembre 2009 – En cette journée mondiale sida, nous sommes invités à nous pencher sur l’accès universel et les droits humains. À cette occasion, l’ONUSIDA exhorte les gouvernements à renoncer à promulguer des lois pénales qui entretiennent la discrimination, nuisent à l’efficacité des ripostes nationales au VIH et violent les droits humains.
En 2009, des progrès importants ont été réalisés dans l’établissement d’un cadre juridique susceptible de contribuer à la prévention du VIH, notamment parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, qui constituent l’un des groupes les plus touchés. On retiendra surtout la décision de la Haute Cour de Dehli d’abroger la loi interdisant la sodomie en Inde. L’ONUSIDA exhorte les gouvernements à renoncer aux lois qui sanctionnent pénalement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les lesbiennes et les personnes transsexuelles, ainsi qu’à celles qui prévoient des sanctions pénales pour « l’encouragement ou l’acceptation » des comportements de ces groupes ou pour la non-dénonciation de ces comportements à la police. Que des pays les ait déjà adoptées ou qu’ils envisagent de le faire, ces lois constituent une grave menace pour les droits humains et risquent de nuire à l’efficacité des ripostes à l’épidémie de VIH. « La communauté gay a toujours été en première ligne de la riposte mondiale au sida. Cette communauté, qui représente un mouvement social, a changé le statut du sida : du rang de maladie parmi d’autres, il est passé à celui de thème ayant trait à la justice, à la dignité, à la sécurité et aux droits humains », déclare Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Pour moi, toute atteinte à l’homosexualité est une atteinte à l’ensemble des composantes de la riposte au sida et ne fait que retarder la réalisation des objectifs de l’accès universel. » En adoptant la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida (2001), tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies se sont engagés à répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables face à l’infection sous l’influence de leurs pratiques sexuelles. Dans la Déclaration politique sur le VIH/sida (2006), les gouvernements ont renouvelé leurs engagements d’encourager la participation totale et active des groupes vulnérables et d’éliminer toute forme de discrimination à leur encontre tout en respectant leur intimité et des conditions de confidentialité. Tous les États Membres se sont en outre engagés à instaurer un cadre social et juridique qui favorise la divulgation sans risques et avec le consentement des personnes intéressées de la sérologie VIH. L’ONUSIDA soutient les pays et les communautés dans l’accomplissement de ces engagements, un élément indispensable pour réaliser l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en rapport avec le VIH et atteindre l’Objectif 6 du Millénaire pour le développement, qui consiste à avoir enrayé la propagation du VIH/sida et avoir commencé à inverser la tendance actuelle d’ici à 2015. Il ne sera pas possible de parvenir à ces objectifs là où des personnes vivant avec le VIH, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, des lesbiennes et des personnes transsexuelles continuent d’être victimes de discrimination et de criminalisation. Les droits humains des personnes vivant avec le VIH, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, des lesbiennes et des personnes transsexuelles doivent être pleinement respectés. Là où ils ont été en mesure d’avoir accès à des informations et à des services de prévention et de traitement en rapport avec le VIH et qu’ils ont pu échapper à la discrimination, ces groupes jouent désormais un rôle dans les domaines de la santé et de la responsabilisation au niveau communautaire. Dans les pays qui protègent les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes contre la discrimination, l’accès aux services de prévention du VIH est plus aisé que dans les pays où une telle protection n’existe pas. Aujourd’hui, l’homosexualité est sanctionnée pénalement dans 80 pays. L’ONUSIDA exhorte tous les gouvernements à protéger leurs citoyens contre la discrimination, le refus de l’accès aux soins, le harcèlement et la violence fondés sur l’état de santé ou l’orientation et l’identité sexuelles.
Source : http://www.unaids.org/fr/
KENYA : Emuhaya et ses pierres qui parlent
EMUHAYA, 2 décembre 2009 (PlusNews) - Il y a 15 ans, Dan On’gayi fut le premier habitant d’Emuhaya, un village situé dans l’ouest du Kenya, à révéler publiquement sa séropositivité. A l’époque, la réaction de sa collectivité fut si cinglante qu’il avait envisagé de mettre fin à ses jours.
« A l’église, je m’asseyais sur mon banc et personne n’osait me saluer, mes enfants étaient traumatisés et ma femme vivait recluse, et ce, à cause de ma séropositivité », a-t-il confié. « Je pensais que mourir valait mieux que continuer de vivre ». Six ans plus tard, afin de protester contre les mauvais traitements infligés de manière continue aux membres de sa famille, M. On’gayi creusa une tombe et invita la communauté à le regarder enterrer vivants les membres de sa famille. « J’avais construit un cercueil et creusé une grande tombe afin d’y enterrer tous les membres de ma famille, car j’avais le sentiment que la discrimination dont ils étaient victimes étaient trop difficile à supporter », a-t-il déclaré. Des membres du gouvernement local ont eu vent de son projet et sont intervenus, en l’orientant vers un conseiller. « Après avoir suivi des séances de conseil, j’ai brûlé le cercueil et j’ai placé un gros rocher sur la tombe, sur lequel j’ai écrit des messages sur le VIH et sur la manière dont les gens pouvaient vivre positivement avec la maladie », a-t-il expliqué. Aujourd’hui, on peut trouver des roches de M. On’gay à travers tout le village et lire des messages écrits à la fois en langue locale (luhya) et en anglais. « La discrimination et la stigmatisation tuent plus rapidement que le VIH », peut-on lire sur une pierre. « L’allaitement exclusif est bon pour votre bébé quand vous avez le VIH » est inscrit sur un autre rocher. « Je me suis rendu compte que la seule manière de mettre un terme à la stigmatisation était de la combattre moi-même. En écrivant sur les rochers, je permets aux gens de lire des messages sur le VIH et d’en apprendre plus sur la maladie », a-t-il poursuivi. « Les personnes qui me craignaient à l’époque me considèrent aujourd’hui comme un professeur et une source d’information »… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
DJIBOUTI : Lancement de la VIIe semaine nationale de lutte contre le VIH/sida : Vaincre les tabous
N° 191 du Jeudi 03 Décembre 2009
MAAS
A Djibouti, tout au début des années 2000, l’épidémie du VIH affichait un taux de prévalence aux alentours de 3,1% et se présentait sous diverses formes. Selon le responsable du secrétariat exécutif, le nombre de personnes vivant avec le sida est estimé à 15 809, dont 14 734 adultes, 8 707 femmes et 1 075 enfants. La transmission du VIH est à plus de 90 % essentiellement hétérosexuelle.
On constate également une vulnérabilité plus grande des femmes aux risques de contamination du Sida. Puisque 55, 1 % des personnes infectées sont des femmes. Les tranches d’âges de 20 à 35 ans continuent de payer un lourd tribut au virus mortel. L’heure est toujours à la vigilance. Car le taux de prévalence du VIH est de 2,1 % chez les femmes enceintes, 1,4 % chez les donneurs de sang, 13,6 % chez les patients tuberculeux. A l’heure où la communauté internationale célèbre la 21ème année de la lutte contre le SIDA, Djibouti - qui suit son rythme avec assurance et régularité - a commémoré cet évènement, hier dans la grande cour du nouveau bâtiment du secrétariat exécutif, sous la houlette du Premier ministre, Dileita Mohamed Dileita. Une journée qui a démarré par un témoignage émouvant d’une représentante des PVVS. La montée au créneau de cette femme séropositive démontre le souci des officiels du ministère de la Santé de sensibiliser l’opinion publique sur le calvaire qu’endurent les malades atteints du Sida. Leur quotidien est fait, outre des pertes de poids ou de diarrhées permanentes, de souffrances morales consécutives aux reflexes de stigmatisation et discrimination que les unes et les autres continuent de subir dans le silence. L’oratrice anonyme l’a rappelé hier avec force et conviction. En tant que présidente d’une association des femmes djiboutiennes atteinte par cette maladie, elle s’est levée pour parler en leurs noms. C’est-à-dire au nom de ces femmes malmenées par le sort du sida et qui continuent de verser des larmes dans leurs propres foyers. Au nom de ces femmes qui n’ont ni ressources financières ni assistance - quasi ignorées par leur entourage familial dans leur vie de tous les jours. Ces femmes malades qui rencontrent des difficultés financières pour éduquer leurs progénitures et dont les plus âgées sont au chômage. Au nom de ces femmes dont on a retiré la garde de leurs enfants, elle a eu le mérite de parler vrai sans pour autant passer sous silence les efforts louables entrepris par le ministère de la Santé dans la prise en charge thérapeutique et nutritionnelle des séropositifs sans distinction d’âge ni de sexe ni de religion. Cette femme admirable de courage a tout simplement demandé au ministre Abdallah Abdillahi Miguil et ses principaux collaborateurs d’aider davantage toutes les séropositives djiboutiennes dans un désarroi total. Elle exprimait à travers ses mots que la seule issue pour elles de mener une vie normale était de vaincre tous les tabous qui entourent la terrible maladie. Un point de vue qui est en parfaite concordance au thème choisi de cette année " l’accès universel aux soins et le respect des droits de la personne".
Source : http://www.lanation.dj/
CANADA : QUÉBEC : L’éducation sexuelle dans les écoles contre le VIH
Article mis en ligne le 3 décembre 2009
Pour prévenir la transmission du VIH et des ITS, le gouvernement du Québec doit ramener l’éducation sexuelle dans les écoles.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre, le Conseil québécois des gais et lesbienne (CQGL) s’inquiète de l’augmentation des infections transmissibles sexuellement (ITS) au Québec. Et comme l’un des meilleurs moyens de prévention demeure toujours l’éducation, le CQGL demande au gouvernement du Québec réintégrer les cours d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire régulier et ce, dès le primaire. « Il est démontré que l’augmentation du nombre de ITS est plus prononcée chez les jeunes Québécoises et Québécois. C’est à l’adolescence, dès les premiers rapports sexuels que de saines habitudes doivent être pratiquées. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et réintégrer les cours d’éducation sexuelle dans le programme scolaire », fait valoir le président-directeur général du CQGL, Steve Foster. À ce sujet, le Conseil se base sur le dernier rapport de l’UNESCO, datant de juin 2009, « Directives internationales sur l’éducation sexuelle : une approche pour une sexualité harmonieuse et une éducation préventive face au VIH et les ITS », un texte qui prône une éducation sexuelle en milieu scolaire dès l’âge de 5 ans, soit dès la maternelle, et qui soit adaptée à chaque groupe d’âge. « La recherche effectuée dans le monde entier indique clairement que l’éducation sexuelle en bas âge ne mène pas à une activité sexuelle précoce. Au contraire elle responsabilise les jeunes qui retardent leurs premières expériences sexuelles et optent pour des pratiques sécuritaires. Elle leur permette d’obtenir une information scientifiquement éclairée, dénuée de préjugés (souvent véhiculés par leurs pairs ou les médias) et appropriée à leur âge », soutient le document de l’UNESCO. De plus, ce rapport ajoute qu’il est important que l’éducation sexuelle en milieu scolaire inclut la sensibilisation à la diversité des orientations sexuelles et identités de genre. « La sécurité des étudiants dans leur environnement scolaire doit être renforcée par des politiques de lutte à l’homophobie et à la transphobie et être inclues dans le programme scolaire », est-il souligné… (suite de l’article)
Source : http://www.expressoutremont.com/
ASSOCIATIONS : Warning fête ses cinq ans, c’est parti pour l’avenir
Journée mondiale contre le sida 2009
mardi 1er décembre 2009
Warning fête ses cinq ans d’existence. Jugées iconoclastes et même violemment attaquées à nos débuts, les idées que nous avons soutenues sont maintenant reconnues et largement acceptées. Le rapport Lert-Pialoux sur les nouvelles stratégies de prévention montre que nous étions en avance sur le système du sida en France. Forts de notre expérience et de nos contacts aux États-Unis, en Suisse, au Canada, en Australie, nous savions combien la politique de prévention en France était archaïque, inadaptée aux évolutions du monde gai. Mais les temps changent, et pour la première fois dans notre pays, l’articulation de la promotion du préservatif à d’autres techniques dans la politique publique de prévention y est encouragée.
Cette nouvelle optique doit permettre dans les années qui viennent à la prévention d’être plus proche des pratiques réelles des personnes. Mais dans la mesure où l’on s’oriente vers une approche diversifiée des stratégies de prévention, il est d’autant plus nécessaire que l’on dispose de campagnes claires, compréhensibles et articulées sur l’utilisation du préservatif. Par articulées nous entendons qu’il ne saurait s’agir désormais de reproduire les campagnes du type « le seul moyen de vous protéger... », mais de présenter le préservatif comme le meilleur moyen de protection en cohérence avec l’ensemble de la palette préventive. Oui, le préservatif demeure le moyen le plus sûr de protection lors de rencontres d’un soir. Il faut répéter ce message de base de la prévention, mais l’adapter. Avec la prise en compte du traitement comme technologie de prévention, un nouveau questionnement surgit : « Pourquoi devrais-je mettre un préservatif si je suis sous traitement avec une charge virale indétectable et sans IST ? » Tout simplement parce que la personne qui passe un moment avec vous n’est pas obligée de vous croire sur parole et que la façon la plus sûre pour elle de se protéger est d’utiliser un préservatif. Mais alors quelle différence avec l’ancien paradigme préventif que l’on appelait couramment la politique du « tout préservatif » ? C’est que l’on ne faisait pas appel aux capacités de discernement des personnes et que l’ancienne politique les maintenait dans une approche rigide, reléguant au second plan l’approche informative, cognitive, et laissant les gens seuls, désemparés par rapport à leurs pratiques réelles et celles de leurs partenaires. Aujourd’hui il s’agit de miser sur le sens de responsabilité des personnes et leur capacité à prendre en charge leurs besoins de santé. De même, la perspective de n’être presque pas contaminant avec un traitement ne peut qu’encourager les personnes séro-interrogatives et qui ont des rapports sans préservatif à se faire régulièrement dépister. Pour les personnes vivant en couple et qui ont abandonné le préservatif la mise en place d’une approche de sécurité négociée ne peut qu’encourager le maintien de l’emploi du préservatif lors de relations hors du couple. Dans cette perspective, le préservatif au lieu d’être une contrainte universelle de plus en plus mal acceptée redevient un outil efficace et de prévention. Surtout, il n’est plus une espèce d’épouvantail agité pour stigmatiser les personnes séropositives qui ont entre elles des rapports sans latex. C’est donc une toute nouvelle approche de prévention et de santé qu’il faut mettre en place maintenant vis-à-vis de ces personnes, couramment dénommée à l’étranger « prévention positive ». Mais nous souhaitons lui attribuer un sens supplémentaire : la remise en question des tabous qui freinent la prévention depuis des années comme la reconnaissance des pratiques entre séropositifs et des cultures de plaisir qui y sont liées. Warning fête ses cinq ans, c’est parti pour l’avenir !
Source : http://www.thewarning.info/
BELGIQUE : Warning invite les gays bruxellois à se joindre à nous pour changer la prévention
jeudi 3 décembre 2009 par EA
Avec comme alléchante idée de relever « Les défis de la prévention VIH-sida dans le milieu gay de Bruxelles », la récente réunion des associations de lutte contre le sida nous a laissé sur notre faim. Après trois heures de débat, Warning en est sorti stupéfait et plus que jamais déterminé à offrir aux gays bruxellois une réelle ouverture et un réel défi pour la prévention du VIH-sida dans la capitale, là où les associations et les politiques communautaires présentes veulent rester dans l’immobilisme.
Warning-Bruxelles constate que la France vient de sortir de cet immobilisme (voir notre article) et regrette que Bruxelles soit toujours doublement prise en otage, à la fois par les associations et leur conception de la prévention pour la capitale, et par l’apartheid en matière de lutte contre le sida que les associations entretiennent de par leur appartenance linguistique et politique. Quand on refuse des nouvelles orientations en matière de prévention, quand on ne veut toujours pas parler de sexualité des séropositifs, quand on repousse un vrai projet de santé gaie pour Bruxelles, quand la prévention reste de la théorie pour les associations, on est en droit de se demander pour qui on fait la prévention ? Un vrai défi c’est de se demander pourquoi il n’y a que 500 traitements post-exposition disponibles, c’est d’explorer de nouvelles pistes d’orientation autour de la prévention en adéquation avec les réalités et les besoins des personnes, c’est de mener une réflexion autour du traitement anti-VIH comme outil de prévention, c’est de ne pas mettre l’évaluation des auto-tests au frigo, c’est d’exiger que les deux communautés, flamande et francophone, travaillent main dans la main pour Bruxelles, c’est d’œuvrer pour un réel projet de santé gaie qui place la personne même au cœur de l’action et de la réflexion. Comment se fait-il que la capitale européenne soit à la traîne sur ces questions par rapport aux autres pays européens comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Suisse ? Il s’agit tout de même de notre santé et de notre bien-être, pas simplement de rhétorique ou de marketing ! Quand on débat sur la prévention VIH, il faut oser se lancer les défis et non pas laisser le débat figé au détriment des réalités bruxelloises et des personnes concernées. Sinon les transmissions et les discriminations liées au VIH-sida ne reculeront pas. Après ce débat sur les défis de la prévention VIH pour Bruxelles, Warning invite les gays bruxellois à se joindre à nous pour changer la prévention que mènent les associations et les responsables politiques à Bruxelles… (suite de l’article)
Source : http://www.thewarning.info/
OPINION : Sauver la prévention gay en France
Minorités
La revue numéro 13
Didier Lestrade
Il s’agit du meilleur rapport sur la prévention VIH en France. Si vous avez raté tout ce qui s’est dit sur le sujet depuis dix ans et que ça vous intéresse, vous pouvez lire ces 60 pages et vous aurez, en fin de compte, une idée assez juste de ce qu’il faut faire pour limiter la progression de l’épidémie du sida dans notre pays.
Mais il y a un énorme fossé entre les recommandations et ce qui va être fait. Et rien ne nous garantit que le ministère de la Santé va s’emparer de ces recommandations pour les appliquer. Pour que l’ensemble de ces propositions fonctionnent, il faudra un vrai arbitrage entre ce qui sépare toujours les associations et ce qui les rassemble. Il faudra des fonds qui ne sont pas du tout disponibles actuellement. Vous croyez que Roselyne Bachelot va vraiment s’attaquer à la prévention en direction des gays ? Surtout, ce n’est pas parce que l’on tourne la page des conflits précédents que nous sommes rassurés par la sincérité des principales associations de lutte contre le sida face à ce plan. Bruno Spire, président de Aides ? Qui fait confiance à ce type ?
Introduction
Pour résumer d’une manière très hardcore, ce rapport a été demandé par Didier Houssin de la Direction Générale de la Santé (DGS) pour y voir plus clair dans la prévention gay. Sa direction a été assurée par le Pr Gilles Pialoux de l’Hôpital Tenon et France Lert, une chercheuse reconnue de l’INSERM U687. Le travail a duré sept mois, 55 experts associatifs et scientifiques ont été auditionnés (dont moiself le 21 septembre dernier) ainsi que 12 associations, 6 agences nationales, 75 sites Internet ont été visités et 350 références bibliographiques rassemblées. Tout ça pour aboutir à 63 pages (dans la version courte) et 96 recommandations. No less. Je suis bien placé pour savoir que l’entreprise ici était périlleuse, tant les oppositions politiques sont fortes, tant les concepts de prévention se déchirent depuis des années, tant les personnes elles-mêmes se détestent. La méthodologie a été respectée, j’ai personnellement été impressionné par la manière avec laquelle j’ai pu discuter de tout ça (je ne peux pas en dire autant quand j’ai été auditionné sur d’autres sujets dans le passé, comme au Conseil National du Sida par exemple). Bref, c’est du travail sérieux, je pourrais même dire « à l’américaine », reflétant une vision pragmatique du sujet que les principaux investigateurs connaissent parfaitement. Ce rapport, c’est peut-être la dernière tentative pour trouver un consensus au sein d’un sujet extrêmement polémique (la prévention VIH) et il est donc de la responsabilité de chacun de le conduire vers un succès, vers un progrès. Cela veut dire concrètement : accepter des choses que l’on n’aime pas, que l’on a toujours refusées, à partir du moment où l’on obtient des avancées sur des sujets qui restaient bloqués. C’est donnant – donnant, je comprends ça. Une journée de présentation de ce rapport aura lieu le 14 décembre et il est évident que les jours qui nous séparent de cette date vont voir les premières réactions. Les associations de lutte contre le sida sont visiblement prises de vitesse pour donner leur point de vue et moduler leur positionnement. Libération a, comme d’habitude, brisé l’embargo que tout le monde tentait de respecter, mais ce n’est pas nouveau. Minorités reviendra donc sur certains sujets plus spécifiques de ce rapport, au fur et à mesure de l’énergie qu’il nous restera.
Premiers réflexes
Ce qui est formidable dans ce rapport, c’est que d’habitude on est noyé par 63 pages de bullshit et là on nous offre 63 pages de recommandations dont les deux tiers sont exactement ce qu’on demande depuis le début du Déluge, même si Noé a commis la fatale erreur de mettre ma cage à 10 mètres de celle d’Olivier Jablonski de Warning. J’aurais préféré avoir à côté de moi Stéphane Delaunay ou Antonio Ugidos pour que l’on puisse discuter tranquillement pendant le voyage, mais la seule chose qu’on entend dans notre coin de la cale c’est « Gavez les barebackers d’ARV, on sera tranquilles ! ». Bref, il y a tellement de bons ingrédients dans la soupe du rapport de la mission RDRs, qu’on a un peu tendance à se dire qu’on va aussi avaler les mauvais ingrédients (la RDR), du moment où tout le monde est nourri. C’est justement là le problème, mais on reviendra là-dessus pour la fin. Dès son titre, la « Mission RDRs » (pour Réduction des Risques) entérine pourtant une politique qui n’est pas vraiment approuvée par consensus. On est mis devant le fait accompli. Après tout, il sera dit dans l’histoire de cette épidémie que Aides et Warning ont fini par obtenir l’approbation de la RDR par l’État et qu’ils en sont seuls responsables. La réduction des risques, promotionnée par Aides, appliquée en Angleterre par le Terrence Higgins Trust (THT) et par la Deutsche AiDS-Hilfe en Allemagne, n’a pas vraiment provoqué de baisse des infections chez les gays. Au contraire. Donc mark my words : si la politique RDR, imposée par Aides et Warning, n’apporte pas de baisse des contaminations chez les gays dans, disons, deux ans, ce sera clairement leur faute. Et il faudra en parler. Vous l’avez voulu, vous avez intrigué pour l’avoir, la responsabilité est désormais sur les épaules de deux personnes : Bruno Spire et Olivier Jablonski. Mais voilà, même si je suis opposé à la RDR, je suis d’accord désormais pour l’accepter si cette politique est accompagnée de mesures pratiques qui pourraient réduire sa nocivité ou potentialiser son efficacité. Si tout le monde doit y mettre du sien, je suis capable aussi de le faire, pour le bien commun des gays qui sont la catégorie la plus touchée par le VIH aujourd’hui. Donc je vais soutenir ce rapport, à partir du moment où les autres, aussi, se mettent à faire leur part du travail, comme le demandent Gilles Pialoux et France Lert. L’idée de base de ce rapport : si l’on entérine le TasP, c’est-à-dire que les traitements ARV réduisent les contaminations auprès des séropositifs qui suivent bien leur traitement, on peut modifier la prévention avec des changements importants, comme un dépistage plus agressif envers les minorités (ce que certains jugeaient « discriminant » il n’y a pas encore longtemps) et des adaptations dans l’utilisation de la capote pour ceux qui ne l’utilisent plus – ou n’ont pas envie de l’utiliser. Mais voilà, tout ceci ne sera possible que si :
1) La Prévention positive, celle qui s’adresse spécifiquement aux personnes séropositives, ne devient pas une autorisation de faire n’importe quoi au détriment des personnes séronégatives.
2) Le Pacte social contre la pénalisation de la transmission sexuelle du VIH ne permet pas non plus de cautionner des cas de transmission du VIH absolument scandaleux comme ce qui s’est passé dans la communauté gay hollandaise. Personnellement, ce Pacte social, je ne l’ai jamais reçu et je ne l’ai jamais signé lol. N’attendez pas de moi que je ferme ma gueule quand des méchants barebackers seront traînés en justice parce qu’ils auront volontairement contaminé des séronégas sous drogue. Ce n’est pas parce que je soutiens ce plan de prévention que je vais vendre mon âme au diable non plus.
3) Les nouvelles Technologies d’Information et de Communication (TIC) doivent être le fer de lance de la nouvelle prévention, ce qu’ils ne sont pas aujourd’hui. Pour l’instant, au contraire, ces médias montrent un appauvrissement de l’info VIH, confirmée par la mauvaise couverture des médias traditionnels gays. Regardez le contenu de ces médias, l’info VIH est devenue rudimentaire, quand elle n’est pas tout simplement mensongère.
4) Le personnel médical doit sortir de son silence sur l’échec de la prévention gay. Les soignants, médecins et chercheurs, ne sont toujours pas intervenus dans cette polémique car ils redoutent d’être pris à partie par leurs patients qui leur reprocheraient d’avoir un « jugement ». Il est temps que le médical fasse preuve de courage et d’autorité. Tant qu’ils ne le feront pas, toute nouvelle vision de la prévention restera bancale.
5) Il faut arrêter avec l’idée selon laquelle une priorité de la prévention en direction des gays renforcerait un « amalgame » sida/gay. Encore aujourd’hui, une grande partie des gays refuse de voir qu’ils sont le groupe le plus exposé par les nouvelles contaminations en France. Des années de pensée politiquement correcte leur ont permis de se cacher derrière la « féminisation de l’épidémie » du début des années 2000 et l’urgence (sincère) de l’accès aux soins dans les pays en voie de développement. La prévention gay doit devenir un sujet politique principal, au même niveau que la lutte contre l’homophobie ou l’obtention des droits (mariage, etc.). Or, pour l’instant, nous sommes loin du compte.
6) Des centres de santé LGBT doivent être créés à Paris. Pour l’instant, la Mairie de Paris s’y oppose et personne ne cherche à savoir pourquoi le maire homosexuel de Paris a tellement peur que de telles structures, peut-être parce que les partis de droite lui reprocheraient de faire du prosélytisme gay. C’est trop facile.
7) Il est temps que les structures inter-associatives s’engagent formellement sur la prévention gay. Et là, encore une fois, je vais mettre les pendules à l’heure. En 1992, j’ai fait partie des personnes qui ont créé le groupe TRT-5, qui rassemble les principales associations de lutte contre le sida sur les sujets thérapeutiques. Avant mon départ de Paris, en 2001, j’ai à maintes reprises demandé au TRT-5, dont j’étais toujours le coordinateur, de s’engager sur les sujets de prévention. Il était déjà évident, en 2001, que le traitement ARV aurait, un jour ou un autre, un impact sur le risque infectieux des personnes séropositives. En 2001, 2 personnes du TRT-5 se sont formellement opposées à l’élargissement des prérogatives du TRT-5 : Bruno Spire, actuel président de Aides, et Dominique Blanc, une chercheuse sida qui, c’est un understatement, est loin de susciter l’approbation générale. Résultat : 8 ans de retard à cause de calculs politiques dont l’entière responsabilité incombe à Aides. Comment rattrape-t-on ce retard quand le TRT-5 est aujourd’hui affaibli ? Qui va mener ce nouveau combat au TRT-5 ? Est-ce que la politique de fragilisation du TRT-5 par Aides permettra de relever ce nouveau défi ?
8) L’INPES doit être au centre de la nouvelle gouvernance de la prévention et un responsable doit coordonner tout ça. Formidable s’il s’agit de quelqu’un qui a la trempe d’un Antonio Ugidos. Mais ça sera une catastrophe s’il s’agit d’un des hommes de Aides, du genre Olivier Jablonski ou pire, un des marionnettes sans cervelle du Sidaction. Si c’est Emmanuel Château, c’est bon. Autrement, c’est la guerre.
9) L’ANRS doit s’engager dans ce nouveau paradigme de la prévention et sortir de son coma. Il est temps de le dire : cette agence a été exemplaire dans le cadre du développement des nouvelles molécules anti-sida depuis 15 ans, mais elle présente un retard criminel en ce qui concerne la prévention. Elles sont où les cohortes de pédés suivis dans leur sexualité ? Ils sont où, les pédés de l’ANRS qui dorment derrière leurs bureaux ? Ils foutent quoi exactement ? La dernière fois que vous avez entendu un grand ponte de l’ANRS taper sur la table face aux nouveaux chiffres du sida en France, c’était quand ? Tous les chercheurs quadras ont pris l’habitude de parler comme des militants sida, avec le même jargon neu-neu, et on préfèrerait qu’ils reviennent à un parler médical plus tranché. Rendez-nous Jean Dormont !
10) Le mouvement LGBT doit définir une approche de la prévention gay qui signifie VRAIMENT quelque chose. Tout le monde le sait, les associations LGBT sont particulièrement idiotes quand il s‘agit du sida. Pendant les dix dernières années, ça s’est réduit à : « Heu, on sait pas vraiment, mais on a les brochures de Aides là. Tiens, il y en a plus, faut qu’on les appelle ». Depuis deux ans, c’est devenu « Il ne faut pas baisser la garde ». Et ça donne aujourd’hui l’Inter-LGBT qui réagit une semaine plus tard aux chiffres de Prevagay.
11) La place du séronégatif est toujours secondaire. Même dans ce rapport, il est étonnant de voir qu’on parle des séropos partout, alors qu’ils sont déjà contaminés. Pour résumer, on défend la sexualité de 80.000 gays séropos (chiffre à la louche) contre des centaines de milliers de gays séronégas. De fait, la sexualité des séronégas est toujours le dernier maillon de la chaîne (Proposition 59 sur 96). Si on inversait cette tendance, la prévention gay serait beaucoup plus claire. Rappelons une évidence : ce n’est pas aux séronégas (majoritaires) de s’adapter aux séropos (minoritaires). C’est le contraire.
12) Je vous souhaite bon courage pour expliquer aux gays des concepts comme le "seropositionning" : si tu es séronéga, tu m’encules, si je suis séropo, tu m’encules aussi. On va pas être versatiles souvent, c’est clair. En fait, le mec qui se fait enculer, c’est celui qui est déjà séropo. Super. D’une manière générale, je ne voudrais pas être un conseiller sexe gay dans le cadre de la réduction des risques parce que c’est super dur à comprendre. Mais on reviendra dessus.
13) Tout le chapitre sur le sida dans les départements d’Outre mer est urgentissime. Et je ne vois vraiment pas comment le gouvernement de Sarkozy va rattraper son retard sur ce sujet. C’est dans ces contrées lointaines que ce rapport se montre bien naïf en demandant des mesures que nous attendons depuis des années et qui devraient être réalisées depuis longtemps. Dans un sens, ce rapport participe d’une patience politique désastreuse au lieu de dénoncer gravement une politique qui fait honte à notre pays.
Conclusion
On le voit bien, ce rapport entérine la politique de la réduction des risques de Aides / Warning. La stratégie d’encerclement de Aides a encore une fois fonctionné. Il sera dit que la prévention sida française aura été imposée par les personnalités les plus détestables de leur génération. Et pourtant, nombreux sont ceux qui seront prêts à accepter ce tournant de la prévention si tout ce qui accompagne la réduction des risques est entrepris. Le problème, c’est que nous savons que ces bonnes résolutions ne seront pas tenues. Après tout, ne voyons pas ici, dans le sida, le même fonctionnement que dans le reste de la politique française ? On demande à des experts respectés de travailler pendant des mois sur un rapport complet, qui fait presque l’unanimité et l’État n’en garde rien, ou alors les pires aspects. Et que restera t-il de ce rapport, dans quelques mois, quand Didier Houssin, le directeur de la DGS, lancera ses priorités VIH pour 2010 ? Ce qu’il en restera, ce sera la RDR de Aides, telle qu’elle a été proposée en 2002. Huit ans plus tard, à force de pourrissement, de magouilles, Aides arrivera au terme de son entreprise et l’État se désengagera, une fois de plus, en favorisant les intérêts de Aides. Car il ne faut pas oublier que ces mesures appelleront des fonds, des budgets ciblés, et ils bénéficieront à la même association. Celle qui veut nous faire croire qu’elle protège les personnes séronégatives de la contamination. Alors qu’ils ne font que faciliter la vie des personnes séropositives, toujours bien représentées à la direction de ces mêmes associations.
22 décembre 2009. Un qualificatif à l’adresse d’Olivier Jablonski a été retiré de ce texte, ce qui ne me pose pas de problème.
Source : http://www.minorites.org/
FRANCE : Act Up-Paris décerne son « Ga Bu Zo Meu » ou « Shadock d’or » à Warning
jeudi 3 décembre 2009
C’est la saison de remises de ses « prix » à Act Up-Paris.
Act Up vient de décerner à Warning son « Ga Bu Zo Meu » ou « Shadock d’or ». Selon Act Up ce « Shadock d’or a été raflé haut la main par Warning pour son texte sur le barebacking comme moyen de prévention, et pour son courrier au CRIPS. Le principe de base de la logique shadock est : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ». C’est avec humour que nous recevons ce « prix » auquel nous risquons d’être abonnés pour de nombreuses années étant donné que nous n’avons pas l’intention de modifier notre approche des « relations sans latex ». Nous constatons avec plaisir que nous rétrogradons fortement dans l’échelle des dignités d’Act Up-Paris. Aux débuts de Warning, Act Up nous accusait d’être des « révisionnistes du sida ». Nous ne sommes plus que des « Shadocks » de la prévention. Comme quoi tout le monde évolue.
Source : http://www.thewarning.info/
FRANCE : Sida : les dépistages insuffisants chez les populations à risque
Mis en ligne le 02/12/2009
Les dépistages du virus du sida en France sont "insuffisants" chez les populations à risque, ont déploré mardi plusieurs chercheurs lors d’une table-ronde sur la recherche et la prévention du VIH à l’hôpital Henri Mondor de Créteil.
Selon ces chercheurs, qui s’exprimaient devant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, en présence de Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, un effort particulier doit être réalisé pour faire baisser le nombre de contaminations chez ces populations. "La France est le pays où il y a le plus de dépistages réalisés par rapport au nombre d’habitants. Mais paradoxalement, il n’y en a pas assez d’effectués auprès de certaines personnes plus concernées", a souligné le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). "Le problème, ce n’est pas tant le nombre de dépistages que le nombre de dépistages par rapport au risque", a ajouté Jean-Marie Legall, responsable de projets de recherche au sein de l’association Aides, en relevant les forts taux de contamination existant au sein de la communauté homosexuelle. "En moyenne, 60% des gays effectuent un dépistage tous les deux ans. C’est à la fois beaucoup et pas assez, au regard de la prévalence du sida chez ces populations", a-t-il souligné… (suite de l’article)
Source : http://v2.e-llico.com/
ESPAGNE : Prévention : Spot : « Fuck You Sida ! »
Vendredi 4 Décembre 2009
L’association espagnole Coordinadora Gai-Lesbiana lance sa nouvelle campagne de prévention contre le sida à l’attention des jeunes homosexuels. Le slogan de la campagne est simple et percutant : « Fuck You Sida ! » Inutile de vous traduire... ;-) Voici le spot qui vient d’être réalisé pour l’occasion. http://www.youtube.com/watch?v=CmQB...
Pour voir la vidéo, cliquez sur l’image ci-dessous… Vous l’aurez compris, pour dire « Fuck You » au sida : METTEZ UNE CAPOTE !!... (suite de l’article)
(Note de Fréquence VIH : à lire sur le site les commentaires, plutôt négatifs.)
Source : http://www.gayclic.com/
3 décembre 2009
MAP
Le Réseau de lutte contre le Sida de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) a invité ses pays membres à redoubler d’efforts dans la lutte contre la propagation du VIH et plaidé pour la création de fonds nationaux dédiés à cet effort contre la pandémie qui affecte particulièrement le continent africain.
L’appel lancé à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la lutte contre la pandémie du Sida, invite les gouvernements des pays membres de l’APF à redoubler d’effort pour contenir la maladie et mobiliser les fonds nécessaires à cet effet. "L’Assemblée parlementaire de la francophonie et son Réseau de lutte contre le VIH/SIDA, invitent l’ensemble des parlements francophones à redoubler d’efforts en vue de limiter le développement de cette pandémie et d’en atténuer les conséquences dramatiques pour les populations de l’espace francophone", indique un communiqué de l’APF rendu public jeudi à Dakar. L’organisation s’adresse également aux pays donateurs en vue d’assister davantage les pays africains à lutter contre la pandémie. Les pays donateurs et les organismes de la coopération internationale sont invités à attribuer suffisamment de ressources aux pays concernés, pour l’institution d’un fonds national VIH/SIDA dans chaque pays, supervisé par les parlementaires, afin de financer le renforcement des systèmes de santé nationaux, indique l’appel de l’APF. Lors de sa dernière assemblée plénière, l’APF avait adopté une multitude de résolutions concernant la lutte contre le sida. Des recommandations qui portent notamment sur la prévention, la gratuité des antirétroviraux et des soins pour tous les malades et le respect des droits de l’homme lors du vote des lois concernant la lutte contre le sida… (suite de l’article)
Source : http://www.casafree.com/
FRANCE : gay-sex-prev.fr : la santé gay en ligne
mercredi 2 décembre 2009
Un nouveau portail sur la santé gay est en ligne depuis quelques jours.
Gay-sex-prev.fr est destiné aux gays qui veulent prendre soin de leur santé et s’épanouir dans leur sexualité.
Créé à l’initiative d’Act Up-Paris, Le Kiosque Infos Sida Toxicomanie, le Syndicat National des Entreprises Gaies et Sida Info Service, avec le soutien du Groupement régional de Santé publique d’Île-de-France, ce portail propose des réponses simples aux questions que l’on peut se poser au quotidien sur sa santé sexuelle en tant que gay : VIH, IST, hépatites, pratiques sexuelles... Plus d’infos sur gay-sex-prev.fr
Source : http://www.sida-info-service.org/
HÉPATITE C : Un traitement prometteur
Mise à jour le jeudi 3 décembre 2009
Un médicament qui cible les cellules hépatiques s’est révélé très efficace contre l’hépatite C chez des chimpanzés, soutiennent des chercheurs américains, qui estiment que ce traitement pourrait éventuellement représenter une percée importante contre cette affection chronique.
Selon une équipe du Southwest Foundation for Biomedical Research (SFBR), le traitement baptisé SPC3649 provoque une forte diminution de la charge virale dans le sang des animaux, qui persiste durant plusieurs mois après la fin du traitement. Ce médicament a été développé par la pharmaceutique Santaris Pharma A/S et fait l’objet d’un essai clinique de phase 1 sur un petit nombre de volontaires en bonne santé afin d’évaluer son innocuité. Il est le premier médicament de ce type à être testé chez des humains, affirment les chercheurs. Sa composition est basée sur un acide bloqué qui capture une petite molécule dans le foie, nécessaire pour que le virus responsable de l’hépatite C puisse se multiplier. « Notre collaboration avec Santaris Pharma a démontré que ce médicament marche exceptionnellement bien pour traiter l’hépatite C chez des chimpanzés. », Robert Lanford, SFBR.
Ces résultats laissent penser que ce concept de thérapie pourrait s’avérer efficace pour traiter d’autres maladies, comme l’infection par le virus VIH responsable du sida, des cancers et des affections inflammatoires… (suite de l’article)
Source : http://www.radio-canada.ca/
CAMEROUN : La sensibilisation de proximité porte ses fruits
03-12-2009
par Charles Nforgang
(Syfia Cameroun) Dans des villages de l’ouest du Cameroun, parler du sida aux gens dans leur langue et dans leur milieu a fait évoluer les croyances et les comportements. Certaines pratiques comme les autopsies traditionnelles ou la scarification perdent du terrain ou se font avec plus de précautions.
Dans l’ouest du Cameroun, à plus de 300 km au nord de Douala, le sida est désormais reconnu par beaucoup comme une réalité indiscutable. "Aujourd’hui, quand on pense que quelqu’un est mort du VIH, on évite de passer à côté de son cadavre et de procéder à une autopsie traditionnelle", explique Gilbert Kuété, conducteur de moto-taxi dans le département des Bamboutos. Autrefois réticent comme la plupart de ses collègues à accepter l’existence de cette maladie, il a fini par l’admettre à la suite de nombreux échanges avec des animateurs. Comme d’autres conducteurs, il a reçu des brochures avec des photos de séropositifs à différents stades de la maladie et écouté des explications sur les modes de transmission et l’impossibilité de guérir du VIH. Au cours des entretiens, les animateurs ont mis l’accent sur l’étroite relation entre certaines pratiques courantes dans la région, comme l’autopsie traditionnelle et la scarification, et la propagation du virus. La première consiste à disséquer le corps d’un défunt, afin de rechercher la cause mystique du décès. La seconde consiste à inciser la peau d’une personne avec une lame et à y déposer un produit spécial afin de provoquer des cicatrices qui marqueront l’appartenance à un groupe. Ceux qui se livrent aux autopsies peuvent être contaminés en raison d’un contact avec le sang et les viscères d’un défunt infecté tandis que ceux qui réutilisent la même lame pour faire des scarifications propagent le sida. "Deux vieux qui avaient fait des autopsies sont morts de façon presque identique. Dans une famille dont les membres s’étaient fait scarifier avec une même lame de rasoir, deux personnes sont mortes et une troisième présente les mêmes symptômes. On dit que c’est de la sorcellerie, mais moi je soupçonne le sida", affirme un chauffeur de taxi qui dit prendre désormais toutes les précautions pour éviter d’être contaminé non sans inviter ses amis à faire de même… (suite de l’article)
Source : http://www.syfia.info/
PACIFIQUE : Ban encourage les pays du Pacifique à agir pour l’insertion sociale des séropositifs
3 décembre 2009 – Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué cette semaine le rapport de la Commission sur le VIH/sida dans le Pacifique, estimant que les réponses à la maladie dans cette partie du monde devaient être « fondées sur la compréhension des peuples de la région, des cultures, des croyances et des coutumes ».
M. Ban a retenu de ce rapport cinq priorités essentielles pour réaliser l’objectif d’insérer les populations séropositives. Il a premièrement demandé aux pays du Pacifique de mettre en œuvre une législation qui protège et garantisse les droits fondamentaux des séropositifs et de leurs familles. Selon lui, cela consiste à protéger les plus vulnérables face au fléau du sida : les prostitués, les homosexuels et les drogués. Le rapport de la Commission déplore que certaines législations de ces pays continuent de discriminer ouvertement contre les séropositifs. La seconde priorité pour M. Ban est celle de l’engagement de la société civile des pays du Pacifique à insérer les séropositifs grâce à un soutien financier les gouvernements et des bailleurs de fonds. Le troisième axe est celui de l’application effective des politiques de santé. Le Secrétaire général a rappelé ainsi la situation spécifique de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui compte à elle seule 99% des 59.000 personnes déclarées séropositives en 2008 dans tout les pays de l’océan Pacifique. Quatrièmement, le succès dans la lutte contre le sida passe par l’égalité entre hommes et femmes. M. Ban a déploré que les viols de femmes constituent un facteur considérable dans la propagation du VIH/sida dans ces pays et il a regretté qu’elles soient insuffisamment protégées par les pouvoirs publics. Enfin, le Secrétaire général a estimé qu’il fallait financer massivement des programmes nationaux et régionaux visant à changer les comportements sociaux qui facilitent la propagation du VIH. M. Ban considère comme primordial les politiques de lutte contre l’alcoolisme, l’usage de drogue et la prévention dans les relations sexuelles.
Source : http://www.un.org/
décembre 2009
Publié par Christophe Martet
“Je mets une capote et du gel”, par François Sagat, est la première création d’une série de huit clips, que nous mettons progressivement en ligne pendant les deux mois que dure la campagne Sexe, prévention et vidéos, avec le soutien de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Sur le groupe dédié sur la communauté Yagg, venez discuter, acquérir des connaissances, partager vos expériences autour de chacune de ces vidéos. Commençons par le commencement. Pour se protéger du VIH et des IST (Infections sexuellement transmissibles), la capote reste le moyen le plus sûr. Et parce qu’une démonstration vaut encore mieux qu’un long discours, l’acteur français François Sagat, star du X gay mondialement connue, s’est très habilement prêté au jeu. Cette vidéo de prévention est explicite et vous devez être majeur-e pour la voir.
POUR VOIR LA VIDÉO “JE METS UNE CAPOTE ET DU GEL”, JE CERTIFIE ÊTRE MAJEUR-E ET JE CLIQUE ICI.
Sexe, prévention et vidéos proposera aussi, et c’est une première, des vidéos réalisées par des créatrices lesbiennes. Restez sur Yagg, et sortez couverts !... (suite de l’article)
Source : http://www.yagg.com/
ÉTUDE : Porno : les hommes regardent, mais sans incidence
Publié le 03 décembre 2009
Michel Viatteau
Agence France-Presse
Montréal
Pratiquement tous les hommes regardent des vidéos pornographiques, mais cela n’affecte nullement leurs rapports avec les femmes ou leurs comportements sexuels, affirme un chercheur canadien, Simon Louis Lajeunesse, après deux années de recherche sur la question.
Professeur associé à l’Université de Montréal, Lajeunesse dément, lors d’une conversation avec l’AFP, l’idée répandue selon laquelle les amateurs de pornographie chercheraient à reproduire dans leur vie réelle les comportements vus sur leur écran, voire qu’il y aurait un lien entre la pornographie et les violences sexuelles faites aux femmes. « Ce serait aussi logique que dire que les publicités de la vodka Smirnoff conduisent à l’alcoolisme », dit le sociologue. Pour le plus grand nombre il s’agit, selon lui, de satisfaire une « fantaisie marginale » relevant de leur « monosexualité » (l’expression est du philosophe français Michel Foucault), et il serait abusif d’extrapoler des cas pathologiques. Lajeunesse a eu beaucoup de mal à mener sa recherche postdoctorale, les clubs vidéo, les sex-shops et les écoles professionnelles refusant d’afficher son annonce invitant les hommes à se laisser interviewer sur la pornographie. Seuls des universitaires lui ont permis de s’adresser à leurs étudiants, deux mille personnes (majoritairement des femmes) au total, dont vingt, tous hétérosexuels, ont accepté de lui parler longuement. Première découverte, tous ses répondants ont dit faire usage de la pornographie sur internet. Avec une différence significative, mais qui ne constitue pas une surprise : les célibataires en font une consommation deux fois plus grande, avec trois séances de 42 minutes par semaine en moyenne, contre 1,7 séance de 27 minutes pour ceux qui vivent en couple. Deuxième constatation : qu’ils soient célibataires ou pas, ils surfent presque tous en solitaire, précisant qu’ils n’ont pas envie de partager ce moment personnel avec quelqu’un, y compris avec leur partenaire. Certains intègrent la pornographie dans un programme plus vaste, selon un répondant cité par Lajeunesse : « un bon souper, un bon film et une masturbation »… (suite de l’article)
Source : http://www.cyberpresse.ca/


