RECHERCHE : Avancée spectaculaire dans le traitement du VHC génotype 1 - ZAMBIE : Les orphelins grandissent sans identité culturelle - ÉTUDE : Intérêt de la circoncision comme prévention pour certains hommes gays ? - CEDEAO : Dr. Carlos Brito, spécialiste en charge du VIH/Sida à l’OOAS : « Produire des ARV dans la région est un objectif réalisable » - PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : Une récente étude révèle une augmentation des cas de séropositivité - DOCUMENT : Sexualité des gays séropositifs : trois guides canadiens - CANDIDOSES : Une étude montre les bases génétiques des infections fongiques - FRANCE : Un nouveau soutien public pour le traitement comme outil de prévention - OUGANDA : Les homosexuels menacés de peine de mort - HPV : La vaccination anti HPV et la réduction des lésions génitales associées - RECHERCHE : La recherche publique contrôlée par l’industrie ?

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RECHERCHE : Avancée spectaculaire dans le traitement du VHC génotype 1
mercredi 18 novembre 2009
Un traitement de l’hépatite C incluant le telaprevir a permis une réponse virale soutenue chez plus de 80 % des participant-es à l’étude VX950-C208. Ces patient-es naïf-ves de traitement étaient mono-infecté-es avec le génotype 1 du virus de l’hépatite C.
Un autre inhibiteur de la protéase du VIH, le boceprevir, a donné des résultats similaires. Ces bonnes nouvelles ont été annoncées au meeting de l’AASLD 2009 (American Association for the Study of Liver Diseases), tenu début novembre 2009 à Boston, USA. Ces taux de réponse virologique soutenue (RVS) sont supérieurs d’au moins 30 % aux meilleurs taux atteints jusqu’à présent dans les essais ayant inclus des patient-es mono-infecté-es VHC porteurs du génotype 1 traité-es par l’association standard interféron pégylé / ribavirine. 82 % des patient-es ont obtenu une RVS en 24 semaines (12 sous telaprevir + interféron et ribavirine et 12 sous interféron et ribavirine seuls), quand le traitement standard pour le génotype 1 dure 48 semaines. La RVS est considérée comme équivalente à une guérison. Elle est définie comme l’absence d’ARN viral détectable dans le sang 6 mois après la fin du traitement. La moitié des participant-es à l’essai, dont les résultats sont meilleurs que ceux des études PROOVE, prenait Pegasys® et l’autre moitié, PegIntron®. Par ailleurs, la moitié de ces personnes recevait 750 mg de telaprevir 3 fois par jour et l’autre moitié, 1250 mg deux fois par jour. Les résultats ont varié entre 81 % et 85 % de RVS en fonction des différents schémas, ces petits écarts n’ayant pas de signification statistique. Concernant les effets indésirables, il semble qu’ils ont été les mêmes que ceux déjà constatés dans d’autres essais avec telaprevir, selon le communiqué de presse de Tibotec et Vertex, les deux laboratoires qui co-développent cette molécule : rash, anémie et prurit. Plus d’infos sur Aidsmap (en anglais)
Source : http://www.sida-info-service.org/
ZAMBIE : Les orphelins grandissent sans identité culturelle
LUSAKA, 19 novembre 2009 (PlusNews) - Abigail Mwanashimba s’occupe de ses cinq frères et sœurs depuis que ses parents sont morts d’infections liées au sida, quand elle avait huit ans. Elle a aujourd’hui 19 ans et, n’ayant aucun parent pour la représenter lors des négociations de sa lobola (la dot), elle a dû engager des conseillers traditionnels pour organiser les différentes étapes du mariage selon les coutumes de sa tribu. Cela a été un échec.
« Je ne connais rien de ma tribu ni de sa culture car personne n’a jamais été là pour m’enseigner ou me montrer quoi que ce soit », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews. « J’ai eu une lobola très faible, mais le comble, c’est l’humiliation que j’ai subie chez ma belle-famille, lorsque je les ai mis dans l’embarras en dansant la mauvaise danse ». Ne pas obtenir la dot qu’elle attendait était une chose, mais lorsqu’elle s’est rendue compte que les conseillers ne lui avaient pas enseigné les bonnes danses traditionnelles, elle a refusé de leur payer les 500 000 kwacha zambiens (100 dollars) qu’ils lui demandaient, et est maintenant poursuivie en justice. Agnes Ngubeni, de la ville de Kabwe, dans le centre du pays, connaît elle aussi ce genre d’humiliations ; elle vit avec la honte de ne pas être passée par une cérémonie d’initiation lorsqu’elle a atteint la majorité, et de ne pas savoir parler la langue de sa tribu. « Les gens nous traitaient de chèvres… ils disaient que nous étions ‘sans culture’ et que nous n’étions pas éduqués selon les traditions de notre tribu. Il ne leur est jamais venu à l’esprit que personne n’était là pour nous enseigner ces traditions – nous vivions sans adultes », a-t-elle dit. Agnes Ngubeni et ses frères et sœurs ont perdu leurs parents il y a 15 ans, alors que son frère aîné n’avait que 10 ans. Une famille norvégienne vivant en Zambie s’est engagée à s’occuper d’eux, ce qui leur a permis de recevoir vêtements et nourritures, mais qui les a exposés à des difficultés sociales. Leurs voisins les tournaient en ridicule parce qu’ils mangeaient des pâtes, du pain et du riz, au lieu du plat de base, le nshima – une épaisse bouillie de maïs – que ni elle ni ses trois sœurs ne savent préparer. « Les voisins se moquaient de nous parce que nous mangions la nourriture des Blancs, qui, pour eux, n’était pas de la vraie nourriture, mais qu’y pouvons-nous ? Nous mangeons ce qu’on nous donne. C’est comme ça, c’est tout », a dit Agnes Ngubeni. D’après elle, les personnes aidant les enfants orphelins devraient envisager de leur permettre d’être accompagnés par un adulte de la même tribu, membre de leur famille ou non, qui les guide et les initie aux coutumes de la société traditionnelle… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
ÉTUDE : Intérêt de la circoncision comme prévention pour certains hommes gays ?
jeudi 19 novembre 2009
Le risque d’infection VIH lors de rapports anaux non protégés entre hommes serait moins élevé pour ceux qui pratiquent le sexe insertif plutôt que réceptif. Ces résultats, qui proviennent de la cohorte HIM (Health In Men, « Santé chez les hommes »), ont fait l’objet d’une brève (en anglais) sur le site de l’IAS (International Aids Society).
L’objectif de cette étude prospective était d’évaluer le statut de la circoncision en tant que facteur de risque pour la séroconversion chez les hommes homosexuels. Le critère d’évaluation principal était l’incidence du VIH chez les hommes circoncis par rapport à celle chez les non-circoncis, les participants étant stratifiés par rôle sexuel (prédominance de la pénétration insertive ou réceptive). La cohorte HIM a recruté 1426 hommes séronégatifs à Sidney, Australie, entre 2001 et 2004, et les a suivis jusqu’à mi-2007. Les participants s’étaient engagés à subir un test de dépistage VIH par an et à fournir tous les 6 mois des informations détaillées sur leurs prises de risque dans la sexualité. Au cours de l’étude, 53 hommes ont été infectés par le VIH. L’analyse statistique a montré que le simple fait d’être circoncis n’a pas diminué à lui seul de façon significative le risque global d’être infecté par le VIH. En revanche, être circoncis et avoir reporté une préférence pour la position insertive dans la pénétration anale était associé à une réduction significative de l’incidence du VIH. Conclusion des auteurs de l’étude : la circoncision pourrait avoir sa place parmi les moyens de prévention pour le sous-groupe des hommes gais exclusivement « actifs ».
Les résultats de HIM viennent conforter ceux déjà obtenus dans une autre étude de cohorte, la « Soweto Men’s Study », menée sur une population d’HSH (1) en Afrique du Sud. Notons que ce type d’études n’a pas la même valeur qu’un essai randomisé en termes de niveau de preuve. 3 essais randomisés réalisés en Afrique avaient montré que la circoncision diminue de 50 % ou plus le risque d’acquisition du VIH pour les hommes hétérosexuels.
(1) Homme ayant des rapports Sexuels avec d’autres Hommes
Source : http://www.sida-info-service.org/
mardi 17 novembre 2009
Entretien réalisé par Mahamadi TIEGNA
Sidwaya
L’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS) a tenu, du 10 au 12 novembre 2009 à son siège à Bobo-Dioulasso, un atelier sur l’amélioration de l’accès aux Antirétroviraux (ARV) dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La rencontre a permis aux experts venus des 15 pays membres de la communauté, de réfléchir à une riposte collective contre la pandémie. A l’issue des travaux, le Dr. Carlos Brito, spécialiste de la maladie à l’OOAS, nous a entretenus sur les enjeux de l’harmonisation de la lutte contre le Sida dans l’espace CEDEAO.
Sidwaya (S.) : Quel est aujourd’hui l’état de la couverture des personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) en soins VIH/Sida dans l’espace CEDEAO ?
Dr Carlos Brito (C.B.) : Nous allons peut-être commencer par parler de la prévalence du VIH/Sida dans l’espace CEDEAO. Elle varie entre, un tout petit peu moins de 1% dans des pays comme le Sénégal et le Cap Vert, allant jusqu’à 4 % dans un pays comme la Côte d’Ivoire. Cela, avec des variations régionales assez importantes, souvent dans un même pays. Avant de parler de la couverture des personnes vivant avec le VIH/Sida en soins, je dois dire que les pays de l’espace CEDEAO ensemble ou individuellement, ont fait ces dernières années, beaucoup d’efforts dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida. Ils ont bénéficié de soutiens très importants de la part de la communauté internationale et des partenaires pour cette lutte. Ces efforts ont abouti à des résultats très importants et on peut dire que pendant les deux dernières années par exemple, on assiste à une diminution du nombre de nouvelles infections et aussi une diminution de la mortalité. Cependant, l’espace abrite aujourd’hui environ 5 millions de personnes vivant avec le VIH et ceci constitue un problème majeur de santé et de développement avec 400 000 personnes sous traitement ARV. On a une couverture moyenne assez basse de 30%. Mais la couverture des interventions en matière de prévention de la transmission mère- enfant est en deçà de ce pourcentage de 30%.
S. : Le présent atelier a planché entre autres, sur l’amélioration de l’accès aux ARV. Quels sont les objectifs de prise en charge que l’OOAS cherche à atteindre ?
C.B. : De façon générale, l’Organisation ouest africaine de la santé considère qu’une riposte efficace doit être caractérisée par un renforcement de l’accès à des services de qualité en matière de prévention, traitement, soins et services d’appui à tout ce dont on a besoin. C’est la vision de la région par rapport aux interventions en matière de VIH/Sida. La mission de l’OOAS consiste globalement à harmoniser les procédures, encourager les échanges d’expériences entre les pays membres, mettre en commun les ressources afin de trouver d’une façon stratégique des solutions communes aux problèmes communs. L’atelier visait à trouver les points de convergence dans le cadre du traitement ARV et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida dans l’espace CEDEAO. C’est çà l’objectif majeur. C’est vrai que l’atelier est un élément d’un processus entamé il y a peu de temps. Le processus a commencé avec une observation de la prise en charge des PVVIH dans l’espace CEDEAO en essayant de répondre à deux questions fondamentales : Qu’est-ce que les pays de la CEDEAO font aujourd’hui suivant les mêmes critères ? Qu’est-ce qu’ils font différemment ? De ces questions a émergé une autre : qu’est-ce que l’OOAS peut faire pour aider les pays sur les points de divergences à trouver des convergences. C’est cela l’enjeu de l’atelier… (suite de l’article)
Source : http://www.lefaso.net/
Brèves du Pacifique
18/11/2009
Dans la perspective de la journée mondiale du SIDA le 1er décembre prochain, le directeur adjoint du Secrétariat du Conseil national sur le SIDA, Wep Kanawi, a précisé que sur 100 personnes qui passent un test de dépistage, neuf s’avèrent séropositive. Pour M. Kanawi, les chiffres de l’étude traduisent une hausse du taux de séropositivité jusqu’alors estimée à environ 2% dans le pays. Pour lui, cette hausse « est due à un augmentation de la consommation de l’alcool et de drogues qui poussent les gens à des activités sexuelles sans protection ». Wep Kanawi estime que si la tendance à la hausse se poursuit, le pays sera alors confronté à un très grave problème. Et enfin, M. Kanawi a précisé que 18 000 rubans rouges seront distribués en Papouasie Nouvelle-Guinée à l’occasion de la journée mondiale du SIDA.
Source : http://24hdanslepacifique.com/
DOCUMENT : Sexualité des gays séropositifs : trois guides canadiens
Par Aude Segond, Crips (France) 19/11/09
Le Réseau canadien d’info-traitements sida (CATIE) vient de mettre en ligne trois guides concernant la sexualité des hommes gays séropositifs pour le VIH. Le premier pour les professionnels de santé sexuelle ; les deux autres, directement aux personnes atteintes. Ils abordent respectivement la prévention positive, l’annonce de sa séropositivité et la santé sexuelle en général.
La prévention poz / positive
Télécharger le guide (PDF, 2,05 Mo)
Ce guide s’adresse aux personnes susceptibles d’offrir des programmes de prévention poz, c’est-à-dire positive, notamment des services de santé sexuelle, aux hommes gays vivant avec le VIH, ce qui inclut :
le personnel et les bénévoles des organismes de services liés au sida ;
le personnel et les bénévoles d’autres organismes de services sociaux ;
les fournisseurs de soins de santé, notamment ceux qui traitent les infections sexuellement transmissibles sexuellement (IST) ;
le personnel de santé publique.
La prévention positive auprès des hommes gays séropositifs vise à aider les personnes à se prendre en charge, à promouvoir des relations saines avec leurs partenaires et à améliorer leurs conditions, leur santé sexuelle ainsi que leur bien-être. Elle vise aussi à réduire les risques de nouvelles infections par le VIH et d’autres IST.
Ce manuel propose une base de connaissances et des orientations de pratiques.
La base de connaissances a pour objectifs :
d’accroître la compréhension de l’expérience et de la vie sexuelle des hommes gays vivant avec le VIH ;
d’identifier et d’analyser les idées préconçues, les attitudes et les croyances pouvant influencer les fournisseurs et organismes de services quant à la décision et la façon d’offrir des programmes de prévention Poz ;
de fournir des informations récentes sur la santé sexuelle liée au VIH et de l’information juridique utile aux hommes gays vivant avec le VIH.
Les orientations de pratiques établissent un modèle standardisé de programmes, notamment du counselling en matière de santé sexuelle, et s’appuient sur des normes et des codes professionnels visant à assurer aux hommes gays séropositifs des services de qualité qui sont fondés sur des normes et qui respectent l’éthique et la loi.
Le guide contient également les éléments suivants :
des encadrés « points clés » au début de chaque section ;
des témoignages d’hommes gays séropositifs, de fournisseurs de services et de personnes possédant des connaissances particulières sur le VIH et sur les hommes gays ;
des références et des liens vers des documents et des ressources.
L’annonce de sa séropositivé et le droit
Télécharger le guide (PDF, 3,87 Mo)
Destinée aux hommes gays vivant avec le VIH, cette brochure aborde les différents aspects de la révélation de sa séropositivité à un tiers (partenaire sexuel, employeur...) ou dans des cadres spécifiques (assurance, voyage...). Elle précise le cadre juridique et pénal canadien en la matière. Les deux versants de la loi sont traités : la législation et le code pénal en matière de sexe et de VIH mais aussi les lois protectrices et anti-discriminatoires.
La santé sexuelle
Télécharger le guide (PDF, 667 Ko)
Ce guide a été conçu et rédigé par et pour des hommes gays vivant avec le VIH. Il aborde les différents aspects de la vie sexuelle : le désir et les troubles sexuels, le sexe à moindre risque, le dialogue avec le partenaire, l’annonce de sa séropositivité, la sexualité entre hommes séropositifs, l’usage de substance psychoactive, les infections sexuellement transmissibles. Un tableau récapitule les risques de transmission du VIH en fonction des pratiques sexuelles.
Références
La prévention Poz : connaissances et pratiques en matière de prestation de services de santé sexuelle aux hommes gays vivant avec le VIH au Canada / CATIE (Canadian AIDS Treatment Information Exchange = Réseau canadien d’info-traitements sida), Toronto people with AIDS foundation. - 2009. - 60 p. Télécharger le guide (PDF, 2,05 Mo)
Dévoilement du VIH : guide d’information sur le droit, pour les hommes gays au Canada / CATIE (Canadian AIDS Treatment Information Exchange = Réseau canadien d’info-traitements sida), HALCO (HIV and Aids Legal Clinic Ontario). - Mars 2009. - 45 p. Télécharger le guide (PDF, 3,87 Mo)
Positif et en santé : le guide de santé sexuelle de l’homme gai séropositif au Canada / CATIE (Canadian AIDS Treatment Information Exchange = Réseau canadien d’info-traitements sida), Toronto people with AIDS foundation. - Mars 2009. - 37 p. Télécharger le guide (PDF, 667 Ko)
Source : http://www.vih.org/
CANDIDOSES : Une étude montre les bases génétiques des infections fongiques
[Date : 2009-11-17]
Cordis Nouvelles
Deux études indépendantes publiées conjointement dans la revue New England Journal of Medicine ont fait appel au séquençage de l’ADN et à la cartographie génétique pour identifier deux protéines qui, lorsqu’elles sont absentes ou mutées, empêchent l’organisme de lutter contre les candidoses. Les résultats de ces études, financées en partie par l’UE, pourraient renforcer notre compréhension des causes génétiques des infections fongiques et conduire à de nouveaux traitements, contre les Candida mais aussi contre d’autres types d’infections fongiques.
Le soutien de l’UE provient du projet MC-PIAID (« Marie-Curie grant on primary immuno-deficiencies and auto-immune diseases »), dont le budget s’élève à 1,6 million d’euros. Ce dernier était financé au titre de la ligne budgétaire « Ressources humaines et mobilité » du sixième programme-cadre (6e PC). Les infections fongiques comme le muguet (par Candida albicans) ou la mycose des pieds (pied d’athlète) sont très répandues et touchent chaque année un très grand nombre de personnes. Pour la plupart, c’est une infection passagère, mais certaines semblent y être particulièrement sensibles. Les traitements sont nombreux et plus ou moins efficaces, les infections fongiques étant connues pour leur résistance et s’attaquant régulièrement aux même victimes. Aujourd’hui, deux équipes de recherche internationales et indépendantes pourraient avoir découvert la cause de cette sensibilité. Conduite l’une par la Radboud Universiteit aux Pays-Bas et l’autre par l’University College de Londres au Royaume-Uni, les équipes ont découvert que les mutations de deux protéines nommées Dectin-1 et CARD9 contrariaient la capacité du système immunitaire à contrôler les infections fongiques. Dans son état normal, la protéine Dectin-1 reconnaît la présence de Candida dans l’organisme, et les cellules immunitaires envoient un signal à la protéine CARD9 qui agit en tant que molécule de liaison. CARD9 déclenche alors la réponse du système immunitaire en vue de protéger l’organisme contre les microbes. Si l’une ou l’autre des protéines est absente ou mutée, le système immunitaire ne pourra contrôler l’infection, ce qui se traduit par des candidoses plus fréquentes, particulièrement les candidoses vaginales à C. albicans. « Ces résultats sont une première étape dans la compréhension de la sensibilité génétique à des maladies fongiques courantes et pénalisantes comme l’onychomycose et la candidose vulvovaginale récurrente », déclare le Dr Bart Ferwerda de la Radboud Universiteit, qui a été le premier à identifier les mutations Dectin-1 chez une famille souffrant d’infections fongiques muco-cutanées. Le Dr Erik-Oliver Glocker de l’équipe de recherche de l’University College de Londres, qui a découvert la relation entre la protéine CARD9 et les Candida, déclare que ces résultats importants permettront de réaliser de grands progrès en matière de traitements. « Cette découverte apporte davantage d’informations sur l’interaction entre les champignons et le système immunitaire de l’homme, ouvrant la voie à de futures thérapies pour les patients atteints de candidoses. » Des expériences antérieures, conduites pour déterminer la réaction des souris à des infections fongiques, avaient abouti à des résultats similaires, montrant que la capacité de réagir à ces infections est identique chez l’homme. « Le processus de réponse à l’infection fongique a déjà été étudié chez la souris, mais il est très intéressant de constater qu’il est identique chez l’homme », déclare le professeur Mihai Netea, dont l’équipe à la Radboud Universiteit a découvert les relations entre la protéine Dectin-1 et les infections fongiques. « Ces nouveaux résultats montrent que les mécanismes de protection contre les infections fongiques ont été largement conservés lors du processus évolutif qui distingue les souris des hommes, ce qui n’a pas toujours été le cas pour d’autre microbes. »… (suite de l’article)
Source : http://cordis.europa.eu/
FRANCE : Un nouveau soutien public pour le traitement comme outil de prévention
mardi 17 novembre 2009
Jean-Luc Roméro, président d’Élus locaux contre le sida, vient d’apporter publiquement son soutien à l’avis du Conseil national du sida sur l’utilisation du traitement comme outil de prévention.
En effet, dans un récent chat sur Yagg, à la question : Les Suisses ont jeté un pavé dans la mare l’an dernier en admettant qu’une personne sous antirétroviraux (dans les conditions requises, c’est-à-dire couple stable 6 mois indetectabilité, etc.) ne serait quasiment plus contaminante. Les associations de lutte contre le sida ont pris des positions bien différentes sur le sujet. Quelle est la vôtre ? M. Roméro répond : Je rejoins la position du Conseil national du sida, qui estime qu’on ne doit pas faire comme si ces étude n’existaient pas et qui pense que sans abandonner la promotion du préservatif, il faut aussi intégrer les traitements dans la politique de prévention.
Warning ne peut que s’en réjouir...
Source : http://www.thewarning.info/
OUGANDA : En Ouganda, les homosexuels menacés de peine de mort
Par Camille | Mauvais genre | 18/11/2009
Une loi antihomosexuels est en préparation en Ouganda. L’enjeu est de taille : l’interdiction de « présenter sous un jour favorable » l’homosexualité, l’obligation de dénoncer les faits homosexuels, voire la peine de mort dans certains cas. Dans cette dictature militaire d’Afrique noire, les homosexuels peuvent trembler, car même si la loi a peu de chances de voir le jour, elle favorise un climat anti-homosexuels.
La loi ougandaise condamne déjà l’homosexualité, mais en des termes flous hérités de la période coloniale : la « connaissance charnelle contre-nature » (ou « carnal knowledge against the order of nature ») y est criminalisée, condamnant par extension toute pratique non-reproductive (sexe oral, anal, auriculaire ou autres). David Bahati, le député responsable de cette proposition de loi, surfe sur la haine latente des Ougandais pour l’homosexualité et propose une série de mesures pour contrôler et punir explicitement les activités LGBT :
l’obligation de dénoncer des faits homosexuels dans les 24 heures suivant leur constatation, sous peine d’une amende de 500 000 shillings ougandais (200 euros) et/ou trois ans d’emprisonnement ;
les faits d’homosexualité, voire même l’idée d’homosexualité (« tentative d’homosexualité ») seront punis de sept ans d’emprisonnement ;
il sera même interdit de « présenter l’homosexualité sous un jour favorable » ;
un « crime d’homosexualité aggravée », créé pour les actes homosexuels avec une personne de moins de 18 ans, une personne handicapée, ou si la personne responsable des faits fait figure d’autorité ou est porteur du HIV, pourra entraîner la peine de mort. Si ces faits sont aussi interdits par la loi française, on peut s’interroger sur le fait qu’ils ne concernent que les homosexuels en Ouganda.
La peine de mort concerne aussi les « contrevenant récidivistes » (« serial offenders »).
Une clause stipule que même si les faits étaient commis à l’étranger, leurs auteurs pourraient être poursuivis dès leur arrivée en Ouganda. Dans presque tous les pays d’Afrique, des lois punissent l’homosexualité, dans beaucoup de pays des homosexuels ou des responsables d’associations d’aide aux malades du VIH sont emprisonnés ou harcelés par la police, comme c’est arrivé récemment au Sénégal. Des passages à tabac aux meurtres, les homosexuels africains connaissent un véritable martyre. L’inégalité sociale s’ajoute à la discrimination, les homosexuels riches et proches des cercles de pouvoir ne sont nullement inquiétés, c’est aux homosexuels pauvres qu’on s’attaque -mais ce n’est pas ici l’apanage de l’Afrique. Cette loi ougandaise a peu de chances de voir le jour car elle viole plusieurs principes constitutionnels de l’Ouganda. En effet, l’un des promoteurs principaux de cette loi est tout sauf un avocat : Martin Ssempa, pasteur évangéliste et promoteur de l’abstinence et de la fidélité comme moyen de lutte contre le Sida. Pour Assan, installé en France mais dont le petit ami est en Ouganda, les religieux proches du pouvoir sont derrière cette loi : « En Ouganda, la séparation des églises et de l’État date de plusieurs décennies, les églises n’ont a priori pas de rôle à jouer dans la législation. Pour cette proposition de loi de Bahati, on raconte que des évangéliques venus des États-Unis sont à l’origine de cette manœuvre. Des mouvements d’extrême droite nord-américains seraient les inspirateurs de David Bahati qui aurait en quelque sorte voulu dépasser ses maîtres, aller au delà de ce qui lui était demandé. »… (suite de l’article)
Source : http://www.rue89.com/
HPV : La vaccination anti HPV et la réduction des lésions génitales associées
Par Aude Segond, Crips (France) 18/11/09
Une analyse par modèle de Markov basée sur les données épidémiologiques de quatre études françaises a évalué l’impact de la vaccination quadrivalente HPV sur la survenue des lésions génitales associées aux papillomavirus chez la femme. Les résultats indiquent qu’une bonne adhésion aux recommandations vaccinales les réduirait de façon notable.
En France, malgré l’incitation au dépistage par frottis cervico-utérin, le cancer du col reste un cancer fréquent chez la femme avec une incidence moyenne estimée à 7,1 pour 100 000 femmes en 2005, soit environ 3 000 cas annuels, et un taux de mortalité de 1,9 pour 100 000 femmes. En 2006 et 2007 deux vaccins anti papillomavirus (HPV), Cervarix® et Gardasil®, ont été mis à disposition. Le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France a émis des recommandations pour la vaccination des jeunes filles de quatorze ans, avec un rattrapage possible entre quinze et vingt-trois ans. Cette vaccination, appliquée, devrait modifier sérieusement l’incidence du cancer du col et les lésions ano-génitales liées au HPV. Une étude a été réalisée avec pour objectif l’estimation de l’impact attendu de la vaccination quadrivalente HPV 16/18/69/11 sur la survenue des lésions associées aux HPV chez la femme en France. Une analyse par modèle de Markov a été conduite afin d’estimer le nombre de cas évités par la vaccination quadrivalente et le nombre de jeunes filles à vacciner pour éviter un cas des différents lésions dues aux HPV. Cette analyse a été menée à partir de données épidémiologiques françaises issues de quatre études de génotypage HPV, EDITH I-IV.
Ces études rapportent une prévalence globale des HPV 6/11/16/18 de :
82% dans les cancers invasifs du col de l’utérus (CIC) ;
64% dans les lésions cancéreuses précervicales CIN 2/3 ;
34% dans les lésions de bas grade CIN 1 ;
83% dans les condylomes acuminés externes (CAE) de la femme.
Une baisse de 72 % des CIC
En considérant une efficacité vaccinale de 100 %, il faut vacciner :
130 jeunes filles pour éviter un CIC ;
17 pour éviter une CIN 2/3 ;
13 pour éviter un CAE.
La vaccination de 80% des jeunes filles françaises par le vaccin quadrivalent permettrait de réduire :
Les CIC de 72% ;
Les lésions cervicales de haut grade CIN 2/3 de 54% ;
Les lésions de bas grade CIN 1 de 27% ;
Les condylomes acuminés de 67%.
Cette étude démontre donc qu’une bonne adhésion aux recommandations vaccinales françaises réduirait de façon notable chez la femme les lésions génitales et les cancers associés au HPV.
Références
Modélisation de l’impact de la vaccination HPV quadrivalente en France / D. Riethmuller and all. - Journal de gynécologie obstétrique et biologie de la reproduction, septembre 2009, vol. 38, n° 5, pp. 389-395.
Avis du Comité technique des vaccinations et du Conseil supérieur d’hygiène publique de France section des maladies sexuellement transmissibles relatif à la vaccination contre les papillomavirus humains 6, 11, 16 et 18 (séance du 9 mars 2007). - 7 p.
Télécharger les recommandations (PDF, 180Ko).
Source : http://www.vih.org/
RECHERCHE : La recherche publique contrôlée par l’industrie ?
Pauline Gravel 19 novembre 2009
Les critiques fusent depuis qu’un vice-président de Pfizer a été nommé au conseil d’administration des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). La recherche publique en santé au Canada serait-elle en voie d’être contrôlée par l’industrie ? Pour plusieurs, cette nomination a du moins toutes les apparences d’un conflit d’intérêts.
La porte-parole du NPD en matière de santé, Judy Wasylycia-Leis, a déposé une motion au comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans laquelle elle exhorte la ministre de la Santé de renverser la nomination du Dr Bernard Prigent, vice-président et directeur médical de Pfizer Canada, au conseil d’administration des IRSC, compte tenu du fait que « cette nomination risque de permettre à des intérêts commerciaux d’influencer directement les choix d’investissements de la recherche publique en santé au Canada ». Le conseil d’administration des IRSC — principal organisme de financement de la recherche en santé au Canada — est composé de 20 Canadiens représentant divers milieux et disciplines qui sont nommés par décret par le cabinet fédéral pour des mandats renouvelables de trois ans. À titre de membre du conseil des IRSC, « le Dr Prigent ne décidera pas des chercheurs et des projets à financer. Ces décisions sont la responsabilité du conseil scientifique, qui se fonde sur l’avis de comités d’examen par les pairs individuels », nous a précisé par courriel le responsable des communications des IRSC, David Coulombe, au nom du président, le Dr Alain Beaudet, qui n’a pas eu le temps de nous rappeler. « Bien que le conseil n’intervienne pas dans le choix des projets individuels qui recevront un financement, il définit néanmoins les orientations stratégiques, les buts et les politiques, et il approuve le budget. Ce n’est donc pas un lieu pour un représentant d’une compagnie pharmaceutique à but lucratif dont les priorités ne sont pas toujours compatibles avec celles des IRSC, qui ont des intérêts de santé publique », rétorque le Dr Joel Lexchin, qui enseigne les politiques de santé à l’Université York de Toronto. Pour le Dr Lexchin, cette nomination reflète clairement les priorités du gouvernement conservateur en matière de financement de la recherche en santé. À ses yeux, un tel partenariat avec l’industrie « risque d’orienter davantage les politiques des IRSC vers le financement de projets qui se solderont par la mise au point de produits commerciaux, tels que des médicaments, des tests permettant de diagnostiquer des maladies et des dispositifs médicaux ». « De tels projets sont très pertinents, mais il y a de nombreux autres projets qui le sont aussi, mais qui n’aboutissent pas à des produits commerciaux, comme ceux portant sur la prévention et qui visent, par exemple, à démontrer que l’exercice physique peut aider à traiter la dépression », déclare-t-il. Le Dr Lexchin croit aussi qu’il s’agit d’un très mauvais moment pour les IRSC d’inviter un géant de l’industrie pharmaceutique à venir l’aider à planifier ses orientations stratégiques alors qu’on vient de confier aux IRSC la direction du nouveau Réseau sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments, qui a le mandat de mener des recherches visant à accroître nos connaissances sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments qui sont sur le marché. « Compte tenu du fait que les compagnies pharmaceutiques ont caché des informations sur l’innocuité et l’efficacité de leurs produits par le passé, ce nouveau réseau pourrait bien ne pas être aussi efficace qu’il le devrait si un membre de l’industrie vient influencer certaines de ses priorités », souligne-t-il. Pour Bill Jeffery, coordonnateur national du Centre pour la science dans l’intérêt public, « nommer le dirigeant d’une compagnie du secteur privé à un comité qui a le mandat d’orienter une recherche qui peut affecter la rentabilité de sa compagnie est clairement un énorme conflit d’intérêts. » Bien qu’il s’agit d’une première d’accepter un membre de l’industrie au sein du conseil d’administration des IRSC, le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), l’organisme subventionnaire québécois, le faisait déjà depuis un bon moment, fait remarquer le Dr Rémi Quirion, qui a dirigé jusqu’à récemment l’un des 13 instituts des IRSC. Le Dr Lexchin rétorque pour sa part que les grandes revues médicales et les National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis ont, quant à eux, fait ces dernières années de gros efforts pour accroître leur indépendance vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, et il se demande pourquoi le Canada prend un virage dans la direction opposée. Selon le Dr Quirion, le Dr Prigent « n’est pas là avec son chapeau Pfizer, mais avec le chapeau d’une personne qui sait comment on peut traduire des découvertes effectuées en milieu académique en développement de médicaments ». « On dit que le Canada est peu performant par rapport aux États-Unis, à l’Allemagne, à l’Angleterre et au Japon quant au nombre de brevets déposés dans les universités et au nombre de brevets qui aboutissent ensuite en produits commerciaux », fait-il remarquer. À son avis, il est préférable d’avoir autour de la table une personne qui connaît bien ce bout de la chaîne et qui fera des recommandations pour améliorer cette mauvaise performance. « Comme tous les autres membres du conseil, le Dr Prigent représente un profil de connaissances parmi d’autres », dit-il.
Pour le spécialiste en éthique appliquée de l’Université de Sherbrooke, Georges-Auguste Legault, il s’agit plus d’une « apparence de conflit d’intérêts, car nous sommes habitués à séparer le rôle du public de celui du privé. Or, aujourd’hui, nous pensons plutôt que tous les acteurs doivent être présents à la même table et travailler davantage ensemble pour arriver à plus d’efficience »… (suite de l’article)
Source : http://www.ledevoir.com/


