BOTSWANA : Qu’est-ce qui alimente l’épidémie de VIH à Selebi-Phikwe ? - RECHERCHE : Des chercheurs suivent la propagation du VIH entre les cellules - DIAGNOSTIC : La recherche réclame une meilleure évaluation des tests pour la TB, le VIH-sida et le paludisme - FRANCE : Sortir les séropos du placard : Analyse des résultats de l’enquête Prévagay - CANADA : QUÉBEC : Le BRAS tend la main depuis près de 20 ans - CANADA : QUÉBEC : Les séropositifs, ces indésirables : Le VIH/Sida, un sujet toujours tabou - FRANCE : Avec un séropositif, pas possible ! Deux jeunes maghrébines parlent sexe et VIH et expliquent pourquoi cela resterait « purement amical » - ONUSIDA : Aliments sur ordonnance : le document de l’Alliance mondiale pour une meilleure nutrition (GAIN) - CANADA : QUÉBEC : A cœur de la mode : édition automne 2009 : La Fondation Farha amasse un montant de 335 000 $ - NIGER : Renforcer l’éducation sexuelle dans les lycées

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BOTSWANA : Qu’est-ce qui alimente l’épidémie de VIH à Selebi-Phikwe ?
SELEBI-PHIKWE, 17 novembre 2009 (PlusNews) - A bien des égards, Selebi-Phikwe, ville minière d’environ 50 000 d’habitants, dans le nord-est du Botswana, n’a rien d’exceptionnel. Le centre commerçant consiste en une rue principale brûlée par le soleil, accueillant quelques boutiques et une station de taxis ; la mine de cuivre et de nickel située en bordure de la ville constitue la principale source d’emplois pour ses habitants.
Personne ne sait avec certitude pourquoi Selebi-Phikwe présente le taux d’infection au VIH le plus élevé du pays, tout comme personne ne sait avec certitude pourquoi le Botswana – et, plus généralement, l’Afrique du Sud – ont été si durement touchés par la pandémie mondiale du sida. D’après les résultats d’une récente étude sur la prévalence dans le pays, 26,5 pour cent des adultes de Selebi-Phikwe vivent avec le VIH, comparé à un taux national de 17,6 pour cent. La moitié des hommes et des femmes de la ville âgés de 31 à 49 ans sont infectés. Aujourd’hui, davantage de personnes séropositives ont accès aux traitements antirétroviraux (ARV) et vivent plus longtemps, ce qui conduit à relativiser les chiffres concernant la prévalence, mais Selebi-Phikwe présente également la plus forte incidence annuelle du VIH (nombre de nouvelles infections) du pays, avec un taux de 4,7 pour cent – 6,9 pour cent chez les femmes et 2,4 pour cent chez les hommes. Les villes minières présentent souvent des taux d’infection au VIH élevés, mais ces villes sont nombreuses au Botswana. « Nous ne savons toujours pas précisément pourquoi Selebi-Phikwe est particulièrement touchée », a dit Lamech Myengwa, coordinateur de la lutte contre sida pour le district. Une étude est programmée pour tenter d’identifier les facteurs favorisant l’épidémie dans la ville. En attendant, les théories ne manquent pas. L’une d’entre elles évoque le fait qu’un certain nombre d’usines de textile ont fermé à la fin des années 1990, ce qui a provoqué un fort taux de chômage dans la population féminine, rendant les femmes financièrement dépendantes des hommes travaillant à la mine ; les routiers s’arrêtant sur la route entre la frontière avec l’Afrique du Sud et le nord du Botswana représentent également un marché pour les travailleuses du sexe. Le commerce du sexe et le sexe transactionnel entre les femmes locales et les mineurs ou les routiers pourraient-ils constituer les principaux facteurs du taux d’infection élevé ? « La plupart des femmes n’ont pas d’argent, surtout depuis que les usines ont fermé », a dit Dikgang Keabetswe, responsable de projet chez Men Sex and AIDS, une organisation communautaire locale… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
RECHERCHE : Des chercheurs suivent la propagation du VIH entre les cellules
Cordis nouvelles
[Date : 2009-11-16]
Une équipe de chercheurs allemands est parvenue à suivre la trajectoire d’une protéine importante dans l’infection intercellulaire et les processus d’assemblage du virus du VIH (virus de l’immunodéficience humaine) en temps réel. Leurs travaux, partiellement financés par l’UE et publiés dans la revue à accès ouvert PLoS (Public Library of Science) Pathogens, ont permis de mieux comprendre la voie infectieuse de la protéine codant pour le gène Gag (de l’anglais group-specific antigen) de cellule en cellule, et pourraient aboutir au développement de nouveaux traitements.
L’étude était partiellement financée dans le cadre du projet HIV ACE (« Targeting assembly of infectious HIV particles »), qui a reçu un soutien de l’UE au titre du thème Santé du septième programme-cadre (7e PC). Afin de suivre la protéine, les chercheurs de la Ludwig-Maximilians-Universität München et de l’université de Heidelberg ont cultivé des cellules contenant huit gènes de VIH-1. L’un de ces gènes avait été manipulé afin de produire une forme fluorescente de la protéine Gag, laquelle fournit des éléments structurels au VIH. Par exemple, lorsque l’ARN du VIH (son matériel génétique) se transmet d’une cellule infectée à une autre, la membrane dans laquelle l’ARN est enveloppée est construite à partir de la protéine Gag. Gag est également très polyvalente ; en effet, elle peut se lier à la face interne de la membrane cellulaire tout comme l’ARN viral et les protéines cellulaires, et peut également former des particules semblables aux virus en l’absence d’autres protéines virales. « En liant la version ’photoconvertible’ de la célèbre protéine fluorescente verte (dont la découverte et l’utilisation dans les systèmes biologiques ont été récompensées par le prix Nobel de chimie en 2008) à la protéine Gag, nous avons pu changer la couleur des protéines Gag liées à la membrane du vert au rouge », explique le professeur Don Lamb, responsable du groupe de recherche à la Ludwig-Maximilians-Universität München. À l’aide de techniques microscopiques spécialement adaptées, les chercheurs ont pu déterminer que, du moment de l’initiation des mécanismes d’assemblage viral jusqu’à leur libération, la création du virus VIH prenait environ 25 minutes. Ils ont également découvert que la production de particules virales se déroulait de manière totalement asynchrone sur toute la culture ; par ailleurs, après leur assemblage, les virus étaient libérés depuis des sites d’assemblage individuels et non depuis des plateformes de bourgeonnement. Ces plateformes d’assemblage réutilisables existent sans doute également chez d’autres virus. Ces nouvelles découvertes « apportent de nouvelles informations dynamiques essentielles concernant la libération du virus et offrent une base expérimentale pour interférer avec cette étape de réplication virale », peut-on lire dans l’étude. Enfin, ces nouveaux résultats pourraient contribuer à interrompre la propagation virale intercellulaire… (suite de l’article)
Source : http://cordis.europa.eu/
2009-11-18
Un diagnostic rapide et précoce est la première étape vers le traitement dans la lutte contre les maladies infectieuses. Cependant, l’équipe du Dr Madhukar Pai de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) et de l’Université McGill, en collaboration avec les chercheurs du TDR* et de l’OMS**, a mis en évidence le manque de qualité des études sur la précision des tests-diagnostic pour trois principales maladies infectieuses mortelles (tuberculose, VIH/SIDA et paludisme). L’étude, publiée dans le journal PLoS One, suggère que les études de qualité sur les tests commerciaux de la tuberculose, du paludisme et du VIH/SIDA sont de qualité médiocre et souvent mal rapportées.
A l’échelle mondiale, la TB, le paludisme et le VIH/SIDA, sont responsables d’environ 3,5 millions de morts chaque année. Un diagnostic précoce est d’une importance cruciale dans le contrôle de ces maladies. Cependant, des questions sur l’efficacité des tests utilisés actuellement ont été soulevées dans la littérature scientifique. Cette nouvelle étude suggère que plusieurs articles scientifiques utilisent des méthodologies peu rigoureuses et manque de qualité. De plus, elles présentent souvent de nombreuses sources de biais et de variation. « Les outils méthodologiques nécessaires tels que les critères de sélection des patients, le mode de recrutement ou encore l’interprétation des tests en aveugle, sont mal rapportées » livre le Dr Pai, également auteur de référence et chercheur principal de l’étude. « De plus, seulement un faible pourcentage de ces études décrivent avec précision la manière dont les tests ont été menés et si ils sont reproductibles. »… (suite de l’article)
Source : http://www.informationhospitaliere.com/
FRANCE : Sortir les séropos du placard : Analyse des résultats de l’enquête Prévagay
mercredi 18 novembre 2009
Les données préliminaires de l’étude Prévagay , diffusée hier par l’Institut national de veille sanitaire (INVS), dressent une image des gays qui fréquentent les backrooms, saunas et bars parisiens. Simplement traduits, ces chiffres indiquent que sur 100 gays dans ce milieu, 18 sont séropositifs, mais seulement 14 le savent. Les autres associations de lutte contre le sida se sont empressées de sortir des communiqués de presse exigeant le renforcement du dépistage et des messages de prévention. On peut y lire des revendications pour informer les gays de la prévalence dans la communauté (lire : faites attention, il y a des séropos qui sortent en boîte), demander plus de prévention (lire : il faut mettre le préservatif, t’as une chance sur 5 de sexer un séropo) et renforcer le dépistage (lire : il faut augmenter une offre de dépistage qui ne fonctionne déjà pas).
Or, le problème n’est pas là. Si vous êtes surpris des chiffres de prévalence, posez-vous la question suivante : dans une backroom, un séropo peut-il s’afficher ouvertement ? Est-ce possible d’arrêter de paniquer sur le nombre de séropositifs dans une population et commencer à se poser des questions sur la place qu’on leur laisse ? Avec une telle prévalence, pourquoi est-ce si difficile de discuter ouvertement du statut sérologique ? Les sondages Baromètre gay de ces dernières années, effectués eux aussi à Paris, rapportent des chiffres similaires, 2002 : 12%, 2005 : 14,7%. La prévalence de l’infection à VIH va continuer à monter, c’est incontournable, car avec les traitements, les séropositifs vivent plus longtemps et donc leur nombre dans une communauté augmente. Alors même que près de 18% des gays sont séropositifs, nous ne comprenons pas pourquoi des groupes se disant constitués de séropositifs ou représentant les « malades du sida » continuent d’empêcher l’organisation de soirées entre séropositifs, de contraindre nos désirs, et de nous interdire des espaces solidaires où nous pouvons négocier des pratiques à risques réduites. Quand deux personnes séropositives ont un rapport sexuel, elles ne risquent pas de se contaminer. C’est déjà fait ! Le risque de surcontamination, agité par les cassandres, est par ailleurs extrêmement rare. L’autre risque, celui de la transmission du virus de l’hépatite C, est contrôlable en limitant les pratiques occasionnant des blessures qui pourraient entraîner une transmission via le sang. Bref, il n’y a aucune raison d’obliger les personnes séropositives quand elles ont des rapports sexuels entre elles à l’utilisation du préservatif. De plus, reconnaître la place des séropositifs dans notre communauté, leur donner le droit à une sexualité active sans stigmates, c’est favoriser le dévoilement du statut auprès des partenaires et la négociation de pratiques à moindre risque, que ce soit le sérochoix, le positionnement stratégique ou l’usage du préso. Revenons à nos chiffres, le communiqué de L’INVS, sur Prévagay, rapporte que 20 % des répondants avec un résultat séropositif en laboratoire ne se sont pas déclarés séropositifs dans le questionnaire. 1 sur 5 ! Il faudrait donc renforcer le dépistage ! Mais si on regarde ces chiffres de plus près, parmi ces 20%, plus de la moitié ont déjà passé un test dans les 12 derniers mois. De plus, 15 personnes sur 31 ayant répondu au questionnaire ont indiqué être séro-interrogatives ou ne pas avoir passé de test. La question n’est donc pas d’accentuer le dépistage mais de faire autrement ! Cessons l’hypocrisie. Le dispositif actuel montre ses limites. Un changement radical s’impose, en respect de la qualité de vie des personnes. Il est temps d’arrêter les atermoiements autour de l’implantation de tests rapides en France, d’imposer de compliqués protocoles d’études pour valider l’intérêt des tests rapides alors même qu’à l’étranger, en Afrique, au Royaume-Uni, au Québec, en Suisse ou aux États-Unis, ces tests sont déjà largement utilisés. Il est temps d’arrêter de bloquer l’usage des autotests, alors même que la population leur est favorable, au prétexte que l’autotest ne permettrait pas des entretiens pré et post test quand la grande majorité des tests VIH en France est actuellement faite sans entretien. Il suffit alors d’associer au dispositif d’autotest un conseil par téléphone. Sida Info Service a l’expérience de ce type d’intervention. Il faut aussi dédramatiser le dépistage, le rendre routinier et facilement accessible. Warning demande donc que soient rapidement mises en place des études permettant de valider des techniques d’autotests remboursés et à disposition dans chaque pharmacie. Warning demande que cessent les agressions envers les personnes séropositives désireuses d’une sexualité naturelle et épanouie et sans risque de transmission du VIH et que cessent les agressions envers les « poz parties » qui se déroulent dans la plus grande convivialité et visibilité partout ailleurs qu’en France. Nos désirs sont légitimes. Nous sommes prêts à soutenir l’organisation de ces soirées, à y participer en mettant en place un stand d’information en santé sexuelle. Warning demande que la charte des établissements gays établie par le SNEG en partenariat avec les associations de lutte contre le sida, soit modifiée pour intégrer la réalisation de telles soirées en toute transparence. Warning est disposée à s’engager dans un débat sincère et honnête avec les autres associations représentant les personnes séropositives, les associations LGBT et les médias gais.
Source : http://www.thewarning.info/
CANADA : QUÉBEC : Le BRAS tend la main depuis près de 20 ans
par Michel Moyneur
Article mis en ligne le 18 novembre 2009
Depuis près de 20 ans, le Bureau régional d’action Sida (BRAS) prend sous son aile les gens atteints du VIH en Outaouais. La Revue s’est entretenue avec sa directrice générale, Stéphanie Lalande, pour en connaître davantage sur l’organisme à caractère social.
Fondé au début des années 90, l’organisation qui loge au sous-sol d’un immeuble de la rue Wright au centre-ville de Gatineau, n’a jamais perdu de vue sa mission, soit celle de venir en aide aux personnes séropositives et d’éduquer la population face au virus et ses conséquences. Le choc, on s’en doute, est douloureux à encaisser au moment d’apprendre que l’on est atteint de la maladie incurable. C’est pourquoi l’équipe composée de 17 employés permanents négocie constamment avec des gens à la mine basse, des gens souvent défaits et abattus. Chacun à leur manière, les intervenants sont formés pour accueillir ces individus et tenter de leur faire accepter leur sort pour ensuite les aider à rester debout et se battre sans jamais lâcher prise. Parmi les types d’aide offerts par le BRAS, on retrouve entre autres des séances de support individuel et collectif et un service de dépannage alimentaire. Une maison d’hébergement (la Maison des oliviers) est également à la disposition de ceux qui débutent un nouveau traitement. La Maison offre cinq chambres pour un séjour de trois à six mois, une chambre de dépannage pour une période de un à sept jours, ainsi qu’un appartement de transition… (suite de l’article)
Source : http://www.info07.com/
CANADA : QUÉBEC : Les séropositifs, ces indésirables : Le VIH/Sida, un sujet toujours tabou
par Michel Moyneur
Article mis en ligne le 18 novembre 2009
Le syndrome du « pas dans ma cour » est souvent présent lorsqu’on parle d’implantation de logements sociaux ou d’hôpitaux psychiatriques entre autres. À Gatineau, la grogne de certains citoyens face au déménagement du Gîte Ami sur la rue Morin en 2006 en est un bel exemple.
Beaucoup refusent de cohabiter avec ces types d’établissements et les gens qui y sont associés. Les personnes séropositives font partie de ces mal-aimés de la société. Loin d’être épargné par les préjugés, la bataille est éternelle pour ceux qui, un jour, ont appris de la bouche de leur médecin qu’ils devraient se battre toute leur vie contre ce virulent virus qu’est le VIH. « Malheureusement, en 2009, on voit encore beaucoup de sérophobie. Même si ça fait 25 ans qu’on en parle, les préjugés demeurent toujours énormes », raconte Stéphanie Lalande. « Les gens ont encore beaucoup de réticence face aux personnes atteintes du VIH/Sida. Plusieurs se demandent vraiment s’ils pourraient être amis avec une personne séropositive, explique-t-elle. Il reste beaucoup de travail à faire pour éduquer et sensibiliser la population face aux droits des séropositifs qui sont trop souvent brimés. » Preuve que le phénomène semble généralisé au sein de l’ensemble de la société, même certains médecins refuseraient d’avoir comme patient les gens atteints du virus, qui ne se transmet pourtant pas par une poignée de main, déplore celle qui est à la tête du BRAS depuis 2007. Beaucoup d’employeurs seraient aussi réticents à embaucher une personne séropositive, selon elle… (suite de l’article)
Source : http://www.info07.com/
17 novembre 2009 (papamamanbebe.net)
Écouter : Avec un séropositif, pas possible ! Deux jeunes maghrébines parlent sexe et VIH et expliquent pourquoi cela resterait « purement amical » (MP3, 4.6 Mo)
Mathilde : Êtes-vous déjà allé sur un site de rencontre ou un réseau social sur internet ?
Fille 1 : Heu... Oui !
Mathilde : Lequel ?
Fille 1 : Merde, ça s’appellait comment déjà ? Ouais ben facebook !
Fille 2 : Facebook, Arab’lounge...
Fille 1 : Ouais, voilà, c’est ça !
Fille 2 : Et une fois, j’ai essayé Meetic mais je me suis désinscrite parce que c’était pas intéressant.
Mathilde : Si vous étiez séropositive, est-ce que vous l’indiqueriez sur votre profil ?
Fille 1 : Heu... Je sais pas. Je ne pense pas.
Fille 2 : Moi non plus, je ne l’indiquerais pas étant donné que ça stigmatise les gens. Et aujourd"hui, ils sont pas vraiment à même d’entendre que d’autres gens sont contaminés par le virus du sida.
Mathilde : Est-ce ça vous fait peur ?
Fille 1 : De quoi, le sida ? Ben, un p’tit peu quand même !
Fille 2 : Oui, ça m’fait peur car je sais qu’aujourd’hui, la recherche n’a pas vraiment avancé... Ça tourne toujours en rond et on a toujours pas trouvé de vaccin pour guérir la maladie donc oui, ça me fait peur.
Mathilde : Est-ce que vous ne trouvez pas ça important de l’indiquer sur un profil, sur internet, sur un site de rencontre ?
Fille 1 : Si ! Comme ça on est au courant et on sait à quoi s’en tenir et à quoi s’attendre ! Mais... c’est vrai, comme elle l’a dit tout à l’heure, ça fait un p’tit peu au gens si c’est nous-mêmes qui sommes contaminées. Mais c’est vrai que moi, j’aimerais bien, genre si je m’inscris sur un site de rencontre, j’aimerais bien savoir si la personne, elle est séropositive ou pas !
Fille 2 : Je partage le même avis mais je trouve que... Enfin, moi, personnellement, je ne le ferais pas parce que j’ai un p’tit peu peur du regard des gens. J’ai vraiment peu que les gens me jugent par rapport à ça donc je ne le mettrais pas... mais sinon, j’aimerais bien savoir si quelqu’un d’autre l’a !
Mathilde : Si sur un site de rencontre, vous voyez quelqu’un qui essaie de vous contacter. Vous voyez son profil et vous voyez qu’il est séropositif. Est-ce que vous l’éjectez de la discussion, ou est-ce que vous discutez avec lui et vous seriez peut être intéressées pour le rencontrer ?
Fille 1 : Non, je parlerais bien avec lui mais après, pour qu’il y ait quelque chose de concrêt et de sérieux, je ne pense pas. Vu que... Voilà, je sais que... Enfin, je sais pas.
Fille 2 : Moi, je pourrais parler avec lui mais ce serait purement amical. Il n’y aurait pas vraiment de relation sérieuse ni concrête, enfin... voilà !
Mathilde : Est-ce qu’une personne séropositive a droit à l’amour ?
Fille 1 : Oui, bien sûr !
Fille 2 : Ça c’est sûr ! Tout être humain a droit à l’amour !
Mathilde : Pensez-vous que rencontrer l’amour avec une personne séropositive soit plus risqué ?
Fille 1 : Ben oui parce qu’on s’attache à la personne et qu’au bout d’un moment... Voilà, on se rend compte qu’on s’est trop attaché, que la personne doit partir... Donc voilà, moi, c’est pour ça que pour la question d’avant, moi, je préfèrerais que ça reste amical plutôt que concrêtiser quelque chose et faire quelque chose de sérieux, quoi !
Fille 2 : Je pense la même chose. Je pourrais pas... Je pourrais pas partager une relation amoureuse avec quelqu’un de séropositif parce que j’aurais peur déjà de m’attacher vraiment à lui. Et ensuite, c’est sûr qu’au bout d’un moment, on réclamera des relations sexuelles et j’aurai peur d’être contaminée à mon tour.
Mathilde : Est-ce que vous savez qu’une personne séropositive, quand elle se soigne, notamment avec un traitement anti rétro-viral peut diminuer la charge de son virus et du coup, diminuer la contamination vis-àvis de l’autre personne, notamment dans des relations sexuelles. Et elle peut avoir un enfant malgré sa maladie. Elle peut avoir un enfant non séropositif. Et en continuant à se protéger avec un préservatif, on a finalement pas beaucoup de chances d’attraper le virus et de vivre à peu près normalement avec cette personne, et même normalement, d’ailleurs...malgré la maladie.
Fille 1 : Ouais, c’est vrai ! Peut-être mais... Je sais pas, la personne, elle reste toujours malade ! C’est vrai, c’est peut être cru et méchant de dire ça mais je pense que... C’est vrai, il y a des personnes, c’est pas de leur faute ! Ils naissent comme ça, ils naissent séropositifs et tout mais moi je trouve que... Voilà, ça s’fait pas peut être de dire ça mais moi, j’pourrais pas m’attacher à quelqu’un, genre entamer quelque chose de sérieux et tout même s’il peut prendre des médicaments ou genre il peut réduire sa maladie. Moi, pour moi, il reste toujours malade !
Fille 2 : Ben, pour moi, c’est la même chose. Mais après, la question est différente. Je me poserais plus la question de savoir si je peux l’aimer. Est-ce que je peux l’aimer jusque... Enfin, à quel point je peux l’aimer, quoi ! Est-ce que je peux l’aimer, partager sa maladie ou l’aider à la combattre. Tout dépend de mon amour aussi, c’est ce que je pense.
Reda : Ça, c’est dans les rues de Paris. "L’amour ou le VIH". On va faire un tour de table avec vos réactions. deux jeunes femmes, prises au hasard dans la rue. Ali, comment tu réagis ? C’est assez éloquent on va dire. Tout y est, ou presque !
Ali : Oui, en plus, ça paraît être un regard de personnes relativement jeunes par rapport à moi par exemple. Mais ça ramène à une trentaine d’années en arrière où moi, j’étais en couple sérodifférent et j’ai eu un enfant sans contaminer la mère pour autant. Par la suite, avec la dramatisation de ces pathologies et pour cause, j’ai décidé de me séparer. Et comme l’a dit une personne sur la radio-trottoir, comment dirais-je, je suis sortie avec des femmes séropositives dont une que j’ai aimé profondément, qui est morte quasiment dans mes bras, sans compter les amis avec qui j’ai grandi, de voir ces personnes disparaître comme ça, c’est clair que c’est pas évident ! Mais, comme cela a été également dit, il y a maintenant quand même la possibilité d’avoir un enfant de manière médicalement assistée donc il y a quand même de l’espoir !
Reda : L’amour ou le VIH, Tina. Comme tu entends au sein du Comité des Familles, beaucoup se plaignent de l’expérience du rejet. De fait, les gens qui ont le courage de l’annoncer sont forcément ceux qui se font rejeter le plus. Ceux qui passent leur infection sous silence, ça pose d’autres questions, d’autres problèmes. Comment toi, tu as entendu ces deux nanas dans les rues de Paris ?
Tina : Mais je pense que malheureusement c’est vraiment cette opinion du public général qui est restée collée à ces idées, qui manque d’informations pour pouvoir dire autre chose que _Oui, mais si j’l’aime et que j’la vois mourir et qui peut pas avoir un autre avis que ça. Et pour des personnes séropositives, ça facilite pas la tâche de l’annonce ! C’est un cercle vicieux.
Reda : Mais il y a une vraie contradiction, puisque que tu leur demandes : Est-ce que les séropositifs ont droit à l’amour ? Elles disent tout de suite Oui, bien sûr ! et Est-ce que vous seriez capable d’aimer un séropositif ?...Non, pas du tout ! Jamais de la vie ! Ça reste amical ! Il y a quand même une pas si petite contradiction que ça ! Catherine, qu’est-ce t’en penses de toutes ces histoires-là ?
Catherine : Faut avoir le temps, pour ça ! Moi, j’ai pas de problème avec ça, j’l’ai jamais caché, quoi ! Je ne le porte pas comme une bannière non plus mais ça ne s’est pas fait simplement de dire ça (c’est facile maintenant, j’ai 56 ans !). Mais à partir du moment où j’ai assumé, j’ai jamais eu de problèmes. Mon problème, c’est vraiment une question de temps pour avoir des relations avec les autres, des relations amoureuses parce que je crois qu’il faut avoir le temps pour ça. Mais ce que j’entends au delà de tout, c’est quand même une notion de peur ! C’est toujours la peur qui est le sentiment qu’on ressent le plus à travers ces dires. C’est une question de choix, aussi, le je resterai ami avec un séropositif. Mais quand on le sait pas, quelqu’un qui le cache... Il y en a plein, des jeunes filles, des jeunes femmes, des mecs qui tombent amoureux, ça ne se programme pas ! Je veux dire, on tombe amoureux et il y a ça... Ça pourrait être aussi un accident de la route ! On aime ou on aime pas, point barre !
Reda : Mais tu penses quoi, Catherine, du propos de ces jeunes filles ? Tu vois, moi je trouve qu’il y a une très grande part de franchise mais qui fait mal, quand même !
Catherine : Oui, parce que c’est la peur !! Y a toujours cette peur diffuse de l’autre et d’attraper quelque chose qu’on nous présente comme extrêmement mortifère ! On a toutes ces images, on a TOUS ces images terribles qu’on nous a passé en boucle dans les années 80 ; ces images de personnes avec des joues hyper creuses avec pleins de maladies éparses. Rien n’a été fait depuis et moi, je pense que tant qu’on n’ira pas apporter une autre parole, par exemple, depuis l’école et aux plus jeunes, chaque micro-trottoir sera le même !
Reda : Parfait, tu viens de nous fournir la transition vers le prochain sujet puisqu’on est là, aujourd’hui, pour parler du projet Madeleine ou notamment, le 27 novembre, il va se passer un truc énorme. Un an après la conférence de presse "Génération sacrifiée" à laquelle Catherine avait participé, des personnes concernées par le VIH vont venir de toute la France à Paris pour se poser sur la place publique, à la Maison des Familles et devant des lycéens, devant des jeunes, et expliquer à quoi ressemble vie avec le VIH. Il faut que les gens comprennent !
Transcription : Rosetta Mank
Source : http://papamamanbebe.net/
16 novembre 2009
Le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre le 16 novembre à Rome. Dans beaucoup de régions du monde, l’absence de sécurité alimentaire et une mauvaise nutrition empirent les effets de l’épidémie de VIH.
Même si le dépistage du VIH s’étend de plus en plus et que les efforts visant à appuyer les besoins nutritionnels des personnes vivant avec le VIH se sont sensiblement intensifiés, les prestataires de services en matière de thérapie antirétrovirale continuent de signaler de nombreux cas de clients présentant un stade avancé de la maladie et une malnutrition sévère. Dans certains programmes de thérapie antirétrovirale, 33 % des personnes qui viennent pour la première fois sont incapables de pénétrer dans le centre de santé sans assistance. Ce chiffre est lié au taux élevé de mortalité au cours des 90 premiers jours de traitement. Pour faire face à cela, les programmes d’aliments sur ordonnance se multiplient rapidement ; ils sont conçus pour garantir une alimentation appropriée, et une réadaptation aux personnes participant aux programmes de soins et de traitement en matière de VIH. Ce document de l’Alliance mondiale pour une meilleure nutrition (GAIN) donne un aperçu de la pensée actuelle sur les modes d’exécution de la mise en œuvre des programmes d’aliments sur ordonnance et sur les problèmes importants y afférents. L’objectif de ce document est de réunir la pensée actuelle et les expériences vécues afin d’identifier les zones de convergence de divergence. Il servira de point de départ aux prochaines consultations au cours lesquelles les problèmes clés pourront être précisés et hiérarchisés et un plan d’action élaboré. Étant donné l’insuffisance de documents sur les programmes d’aliments sur ordonnance, les informations nécessaires pour l’établissement de ce rapport ont été principalement réunies au cours d’entretiens semi structurés avec des membres de gouvernements, d’organisations de la société civile, d’institutions d’aide technique et de groupes de bénéficiaires, ainsi qu’avec des donateurs. Ce document révèle que, en moins de 10 ans, une large palette de mécanismes et de projets créatifs en matière de programmes d’aliments sur ordonnance ont émergé pour traiter au moins un des trois objectives clés. Ces programmes mettent principalement l’accent sur la rééducation nutritionnelle et/où l’appui nutritionnel du patient afin d’améliorer son bien-être et les résultats du traitement. Cependant, beaucoup de ces programmes ont élargi leur mandat pour inclure la fourniture de filets sociaux de sécurité permettant de contribuer au respect du traitement et de protéger l’intégrité des foyers. De plus, plusieurs de ces programmes ont commencé à soutenir les activités permettant de gagner des moyens de subsistance en vue d’encourager un redressement de la production et de soutenir le suivi du traitement. Les programmes sont fortement contextualisés : certains mettent l’accent sur un ou deux de ces objectifs tandis que d’autres ont une démarche globale par le biais de partenariats et de réseaux d’orientation. Certains programmes se basent sur les centres de santé tandis que d’autres s’appuient sur une présence déjà existante dans la communauté. D’autres encore ont noué des liens stratégiques qui englobent les foyers, les communautés et les centres de santé. Parmi toutes les personnes interrogées, le sentiment d’urgence conduisant à la création de ces programmes et la reconnaissance de ce qu’il y a encore beaucoup à apprendre sur la façon de bien le faire prédominent. (Actuellement) il n’existe aucun consensus sur la situation optimale de ces programmes. Tout le monde est d’accord pour utiliser les critères anthropométriques pour entrer dans le programme, mais il n’y a pas d’accord sur les critères de sortie. Plusieurs options sont actuellement utilisées, mais aucune donnée ne peut fonder la prise de décisions. À plusieurs endroits, il faut faire plus clairement la différence entre la réadaptation nutritionnelle au niveau du client et l’insécurité alimentaire au niveau du ménage. Il faut orienter et harmoniser les objectifs, les normes et les protocoles. Ce document s’articule autour de thèmes qui avaient été identifiés en amont du processus. Parmi ces thèmes, il y a l’intégration et la normalisation ; l’allocation de ressources ; les exigences et les difficultés en matière de ressources humaines ; la gestion des produits de base ; les services d’encadrement ; le suivi et l’évaluation ; le point de vue des bénéficiaires et la perspective sur le long terme. Le rapport se termine sur un résumé des problèmes courants et une première liste de problèmes sur lesquels il faudra assurer un suivi.
Source : http://www.unaids.org/fr/
17 nov. 2009
MONTREAL, QUEBEC—(Marketwire - 17 nov. 2009) - Le dimanche 15 novembre dernier, la Fondation Farha a réuni près de 3 000 personnes au Palais des congrès de Montréal grâce à la présence de 80 boutiques, importateurs, designers québécois et internationaux à cette édition automnale de AU COEUR DE LA MODE. Des milliers de personnes ont pu repartir avec leurs plus récentes collections de vêtements et d’accessoires soldés à 50 % et plus.
Les profits qu’ont engendrés les ventes de AU COEUR DE LA MODE serviront à aider les plus de 20000 hommes, femmes et enfants vivant avec le VIH et le sida au Québec. "Lorsque mon fils est décédé du Sida en 1993, il ne pouvait s’imaginer que la Fondation Farha existerait encore aujourd’hui, mais serait heureux de voir les efforts réalisés par les nombreux bénévoles et participants de AU COEUR DE LA MODE. Cet événement en est un parmi plusieurs instauré par la Fondation Farha et les fonds amassés vont aider les personnes vivant avec le VIH / Sida à vivre une vie meilleure" a déclaré Evelyn Farha, présidente honoraire de la Fondation Farha. Encore une fois, AU COEUR DE LA MODE a permis à la Fondation Farha de rappeler à la population québécoise que le VIH / sida est toujours une réalité et que cette maladie touche près de 20 000 personnes au Québec… (suite de l’article)
Source : http://www.marketwire.com/
NIGER : Renforcer l’éducation sexuelle dans les lycées
NIAMEY, 17 novembre 2009 (PlusNews) - Des lycéens de Niamey, la capitale du Niger, ont appris à replacer le VIH/SIDA et la santé de la reproduction dans un contexte plus large, lors d’un récent concours de rédaction.
« Lors que j’ai préparé mon essai, j’ai compris que le sida n’était pas la fin de la vie », a dit une lycéenne, qui a demandé l’anonymat. « Ce genre d’activité est à encourager car il permet aux élèves de mieux connaître le sida et ses conséquences ». Près de 500 lycéens à Niamey ont participé à ce récent concours, une initiative du Réseau National des adolescents et jeunes en population et développement (RENAJEN/POPDEV). Les lycéens devaient parler de l’un des deux thèmes : quelle sorte de soutien moral apporter à un ami qui apprend qu’il/elle est séropositif/ve, ou quel conseil donner à quelqu’un qui ne pratique pas l’espacement des naissances, a dit Hinsa Garba de RENAJEN. Le concours avait pour objectif de sensibiliser les étudiants à une sexualité responsable, a dit Ousseini Boubacar, le responsable de RENAJEN à IRIN. « En participant à ce concours, ces jeunes nous donnent également l’occasion de découvrir leur niveau de connaissances sur les différents aspects de la santé de la reproduction et sur le VIH/SIDA ». Les autorités nigériennes ont salué l’exercice. « C’est une bonne stratégie, pour non seulement sensibiliser les jeunes sur la question des infections sexuellement transmissibles, mais également pour attirer l’attention des parents sur la nécessité de créer des espaces de débats avec des jeunes sur cette question », a dit Mallam Issa Mallam Souley, directeur national de la population, à IRIN. Abdoul-Kader Moussa, un des gagnants du concours, a dit à IRIN : « J’ai dit dans ma rédaction que je conseillerais à un ami de ne pas se décourager, et de suivre le traitement prescrit par le médecin ». Il a dit s’être fondé sur des choses qu’il avait apprises dans des programmes éducatifs sur le sida à la télévision et à la radio… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]


