Actualités VIH

Texte publié le mardi 3 novembre 2009.

GUYANE FRANÇAISE : Sida. « L’absence de discours public nourrit la stigmatisation » - FRANCE : Congrès de la SFLS à Nice : « Est-ce que ma mère va me voir grandir ? » - EFFETS SECONDAIRES : Atazanavir et lithiases urinaires - MARAVIROC : Rapport de la Haute autorité de santé (HAS) sur les tests de détermination du tropisme du VIH-1 dans le cadre du traitement avec un antagoniste du récepteur à chimiokines CCR5 - KENYA : Plus de 1,4 million de personnes vivant avec le sida - ENTREVUE : Jean-Luc Romero : les propos libres d’un homme engagé - ÉTHIOPIE : Aveuglés par les lumières de la ville - FRANCE : Sida Info Service est en deuil

Cayenne Guyane

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GUYANE FRANÇAISE : Entrevue : SIDA. « L’absence de discours public nourrit la stigmatisation »

Propos recueillis par Maïté Koda

1 novembre 2009

Avec environ 1 400 personnes séropositives sur 209 000 habitants recensés, la Guyane détient un triste record national. Claire Girou, médecin et présidente de Aides Guyane réagit aux recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS) sur le dépistage généralisé et revient sur la situation dans ce département. Le tabou de la maladie, le silence des élus et l’absence de moyens constituent des obstacles de taille aux missions de prévention des acteurs de santé.

Claire Girou est la présidente d’Aides Guyane. Elle revient sur la situation de l’épidémie dans le département français le plus touché par le virus.

Comment évolue la progression du virus en Guyane ?

Claire Girou : Il y aurait entre 1 300 et 1 400 personnes qui vivent avec le VIH en Guyane. Les personnes séropositives sont suivies dans les hôpitaux de Guyane à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent du Maroni. Plusieurs études ont estimé que la proportion de personnes ignorant leur statut VIH était de 20 à 25 % des personnes infectées, soit entre 200 et 300 personnes. Le nombre de cas annuels de SIDA déclarés a chuté en métropole. En Guyane, malgré une baisse en 2005, il persiste à un niveau élevé. En 2005, on comptait 21 cas pour 100 000 habitants. En France métropolitaine, ce chiffre en 2004 était au maximum de 2 à 8 personnes pour 100 000 dans les régions les plus touchées.

Qu’est ce qui explique que ce département soit le plus touché ?

Claire Girou : C’est une question intéressante et très complexe. Nous sommes dans une zone géographique, les Caraïbes, de forte endémie. Les régions voisines comme le Brésil, le Guyana, le Suriname, et Haïti ont une forte prévalence. La Guyane connaît un profil épidémique conforme à la situation régionale, amplifié par l’importance des migrations économiques vers le département. Ces populations migrantes, jeunes, précarisées dans ses conditions d’accueil et de vie, sont plus vulnérables sur le plan de la santé, en général, et moins sensibles aux messages de prévention classique - ceux qui sont transmis par l’école et par des campagnes de communication de type occidental. Il existe aussi un certain déni, voire une relative indifférence de la population insérée à comprendre les paramètres qui fondent cette épidémie. Les acteurs de la santé en Guyane ont contribué à des avancées dans la lutte contre l’épidémie et la prise en charge des personnes infectées par le VIH mais rencontrent des difficultés.

Quels sont les obstacles rencontrés ?

Claire Girou : Leurs efforts buttent aujourd’hui sur des obstacles qui ne relèvent ni de leur compétence, ni du domaine sanitaire. Par exemple un nombre encore trop important de personnes découvrent tardivement leur séropositivité, entraînant une mise sous traitement tardive. D’autres patients sont perdus de vue ou interrompent leur traitement. Par ailleurs, la politique de lutte contre les migrations illégales ne favorise pas un accès aisé aux soins et façonne trop souvent l’approche de l’épidémie au détriment des considérations de santé publique. En règle générale, l’absence de discours public nourrit le silence et la stigmatisation.

Le sujet est-il toujours tabou en dépit des campagnes de prévention ?

Claire Girou : Le tabou, la stigmatisation et la discrimination autour du sida sont les principaux freins à la prévention. Un tiers des personnes n’informe pas leur partenaire de leur séropositivité. La famille et le cercle amical sont assez rarement informés. Cette absence de dialogue contraint les personnes touchées à vivre dans l’isolement. L’absence d’une prise de parole forte et responsable de la part des élites prive les acteurs de la lutte contre le VIH d’un soutien indispensable. En sortant de ce silence, elles lèveraient de nombreux obstacles qui limitent la portée des actions… (suite de l’article)

Source : http://guyane.rfo.fr/

FRANCE : Congrès de la SFLS à Nice : « Est-ce que ma mère va me voir grandir ? »

La fille d’une femme séropositive (SFLS 2009)

lundi 2 novembre 2009

Le 10ème Congrès de la société française de lutte contre le sida (SFLS) s’ouvre à Nice sur le « témoignage d’un patient ». L’intitulé apparaît ainsi sur le programme et déjà, je redoute l’anonymat. Je m’étonne que dans le cadre d’un grand congrès fréquenté uniquement par des professionnels de santé et des membres d’associations VIH/sida, une personne séropositive taise encore totalement son identité, plus de 25 ans après le début de l’épidémie.

Lorsque le « patient » apparaît, aucun nom ni âge ne sont révélés, et il s’avère qu’il s’agit d’une patiente. Madame X, contaminée en 1986, raconte le parcours habituel d’une personne séropositive, douloureux, quasi identique à ceux maintes fois entendus, et d’abord le choc de l’annonce de la séropositivité, dans ce cas apprise par courrier à l’issue d’un contrôle gynécologique. « Ce fut pour moi un basculement, raconte-t-elle, une panique sans soutien psychologique, mais je suis restée combattive. » Ses 23 ans de séropositivité, madame X les découpe en plusieurs phases. La maladie déniée, mise de côté jusqu’à une hospitalisation d’urgence, la réussite d’un traitement pourtant éprouvant, l’échappement thérapeutique, la dégradation du corps, la perte de confiance, puis de nouveaux succès thérapeutiques qui redonnent du courage, le retour à une vie sociale et professionnelle. Dans ce témoignage ne transparaît que le cadre hospitalier comme soutien médical et psychologique. « Dehors, je n’étais pas bien, lance-t-elle. Je cachais ma séropositivité par peur d’être rejetée, d’être discriminée. A l’hôpital, j’ai toujours été en confiance. » Ainsi, le milieu associatif sida pourtant présent dès la première minute pour soutenir les malades reste à l’écart de ce témoignage. Face à mon étonnement, madame X accepte d’apporter quelques précisions.

SIS : En plus de 20 ans de séropositivité, vous n’avez donc jamais contacté le milieu associatif sida ?

Madame X : Très peu car mon objectif était de rester au plus près de la vie normale en ne rejoignant pas d’organisation spécifique. Je ne voulais pas m’enfermer. Bien sûr l’hôpital a mis en place un réseau ville-hôpital avec la participation de deux associations dans le cadre duquel je participe à des ateliers. A Cannes, l’association ASA (Action Santé Alternative) s’occupe beaucoup des malades chroniques et plus particulièrement des séropositifs. J’y suis allée à une période où je n’étais pas bien. Mais j’ai surtout essayé de faire une démarche tournée vers l’extérieur. Pour moi c’était important. Je suis autrement dans le mouvement associatif par le biais d’un atelier d’écriture.

SIS : J’ai été frappé par l’anonymat de votre témoignage. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Madame X : J’espère que je n’ai pas présenté ce choix comme une règle générale à adopter car il s’agit uniquement d’un choix personnel. J’ai du mal à accepter ma situation donc je n’avais pas spécialement envie d’en parler. J’entends encore des personnes évoquer leurs réticences à accepter une personne séropositive. Dernièrement, les personnes à qui j’en ai parlé ne m’ont pas rejetée. Mais après avoir vécu des années dans la peur des discriminations, il est difficile de changer d’état d’esprit.

SIS : Avez-vous des contacts avec des jeunes séropos ?

Madame X : Je n’ai pas de contacts, non. J’espère que la situation s’est améliorée pour eux car être dans le non-dit est très éprouvant. A mon époque, à la cantine, j’entendais des phrases terribles : « Tu peux boire dans le même verre que moi, je n’ai pas le sida ! J’entendais tout ça et c’était dur. Si j’ai fait du théâtre durant tout ce temps, ce n’est pas pour rien. Ca me permettait de ne plus être dans ma personne et de faire face. Ce problème de ne pas pouvoir parler ouvertement est resté.

***

Interview de Stéphanie, la fille de madame X

SIS : A quel moment avez-vous appris la séropositivité de votre mère ?

Stéphanie : Je l’ai apprise à l’âge de 14 ans. Je l’ai très mal vécu alors. A l’époque, j’avais conscience de ce qu’était le sida sans imaginer un jour que je me trouverais personnellement dans cette situation. Quand je l’ai su, tout s’est effondré autour de moi. Du jour au lendemain, on n’est plus du tout une enfant, on n’est plus du tout une adolescente. On a peur tout le temps. Ensuite on apprend à vivre avec. Pendant longtemps, quand j’étais petite, j’avais sans arrêt l’angoisse de me dire : est-ce que ma mère va me voir grandir ? Est-ce qu’elle va me voir passer mon bac ? Jusqu’à quand sera-t-elle là tout simplement ?! Aujourd’hui j’ai 28 ans. J’ai ma vie, je suis indépendante, je n’ai plus ces mêmes angoisses.

SIS : Avec votre entourage, étiez-vous dans le non-dit ou en avez-vous parlé à certaines copines, à certains copains ?

Stéphanie : Dans un premier temps, je n’ai rien dit. Je crois que je devais avoir 16 ou 17 ans quand j’en ai parlé pour la première fois à mes amies. Elles ont très bien réagi. Elles m’ont toujours soutenu dans les moments difficiles. Au début on en parlait en famille avec ma mère et mes grands-parents qui étaient au courant. Je sélectionnais beaucoup les personnes. En grandissant, en ayant ma vie en dehors de la vie de famille, j’ai abordé les choses un peu différemment de ma mère. Les gens qui comprennent c’est bien, ceux qui ne comprennent pas, tant pis pour eux !

Alain Miguet pour Sida Info Service

Congrès de la SFLS (Nice - 29/30 octobre 2009)

Source : http://www.sida-info-service.org/

EFFETS SECONDAIRES : Atazanavir et lithiases urinaires

Par Aude Segond, Crips (France) 02/11/09

La revue Prescrire de novembre 2009 (Tome 29, n° 113) attire l’attention sur les effets secondaires à type de calculs urinaires d’un inhibiteur de protéase, l’atazanavir (Reyataz®).

L’atazanir peut provoquer différents types d’effets secondaires : allongements de l’intervalle QT et torsades de pointe, ictères, lithiases bilaires et urinaires. Le CRPV (Centre Régional de PharmacoVigilance) de Bordeaux a analysé quatre notifications de lithiases urinaires chez quatre patients infectés par le VIH, une femme et trois hommes, âgés de 40 à 53 ans et traités par l’atazanavir. Le délai de survenue a été de 10 à 36 mois. Deux de ces quatre patients avaient un antécédent de lithiase urinaire due, pour l’un, au ténéfovir (Viread®), inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse, pour l’autre, à l’indinavir (Crixivan®), inhibiteur de protéase. La spectrophotométrie a mis en évidence des cristaux d’atazanavir dans les calculs. La rédaction de Prescrire souligne l’importance d’une surveillance rénale des patients traités par atazanir.

Source : http://www.vih.org/

MARAVIROC : Rapport de la Haute autorité de santé (HAS) sur les tests de détermination du tropisme du VIH-1 dans le cadre du traitement avec un antagoniste du récepteur à chimiokines CCR5, en vue d’une inscription à la Nomenclature des actes de biologie médicale

Rédigé le 3 novembre 2009

Le maraviroc (Celsentri®) est le premier médicament de la classe des antagonistes du récepteur CCR5 à avoir obtenu une Autorisation européenne de Mise sur le Marché (AMM) depuis le 18 septembre 2007. En association avec d’autres médicaments antirétroviraux, le maraviroc est indiqué dans le traitement de l’infection par le VIH-1 à tropisme uniquement CCR5 chez l’adulte prétraité par des antirétroviraux. Des tests de tropisme viral doivent donc être réalisés avant la prescription de ce médicament. Suite à une demande de l’Agence Nationale de Recherche sur les Sida et les hépatites virales (ANRS), la Haute autorité de santé (HAS) vient de rendre un rapport d’évaluation des tests génotypiques et phénotypiques de détermination du tropisme du VIH-1 en vue d’une inscription à la Nomenclature des actes de biologie médicale (NABM).

Le maraviroc (Celsentri®) est un antirétroviral qui bloque le processus de pénétration de certaines souches du VIH-1 dans les cellules hôtes par inhibition d’un des corécepteurs d’entrée présent à la surface cellulaire, le récepteur à chimiokines CCR5. Certaines souches de VIH-1 peuvent utiliser un autre corécepteur d’entrée, le récepteur à chimiokine CXCR4. Il est donc nécessaire, avant l’établissement d’une thérapie incluant le maraviroc, de s’assurer que les souches virales plasmatiques du patient utilisent le corécepteur d’entrée CCR5. Deux types de tests ont été développés pour la détection du tropisme viral des souches plasmatiques du patient :
- les tests génotypiques, basés sur le séquençage de la boucle V3 de la glycoprotéine d’enveloppe gp120 (gène env) et dont l’interprétation se fait à l’aide d’un algorithme ;
- les tests phénotypiques de tropisme qui nécessitent la mise en culture cellulaire des virus du patient.

Mécanisme d’entrée du VIH dans la cellule hôte et pouvoir infectieux

La protéine virale gp120 est une glycoprotéine de l’enveloppe du virus de l’immunodéficience humaine. Elle intervient dans la première phase du cycle de réplication du virus, c’est à dire dans l’étape de reconnaissance de la protéine CD4 de la membrane des lymphocytes par l’enveloppe du virus, et de fusion des membranes pour l’internalisation de la nucléocapside. Il s’agit en fait de la protéine la plus externe du site de reconnaissance de la protéine CD4 par l’enveloppe du virus. La fixation de la gp120 au CD4 est une étape déterminante pour assurer la pénétration de la nucléocapside virale dans le lymphocyte, mais elle n’est pas suffisante. En effet, il faut également l’intervention d’un corécepteur pour permettre l’entrée du virus. A ce jour deux corécepteurs ont été identifiés, les récepteurs CCR5 et CXCR4. Certaines souches de VIH, dites à tropisme R5, utilisent comme corécepteur la molécule CCR5, d’autres dites à tropisme X4 la molécule CXCR4. Il existe toutefois des souches qui utilisent indifféremment l’une ou l’autre molécule ; elles sont dites à tropisme double X4R5. On peut voir coexister chez un même patient ces différentes souches virales ; le prélèvement sera alors étiqueté à tropisme mixte. Il est en général impossible de distinguer les prélèvements à tropisme mixte des prélèvements à tropisme double ; c’est pourquoi on désigne ces échantillons comme étant à tropisme double/mixte. La capacité cytopathique, la cinétique de réplication et le tropisme cellulaire du virus différent selon le corécepteur utilisé. Il apparaît que les souches X4 sont associées à une progression plus rapide vers le stade de sida.

Mécanisme d’action et efficacité du maraviroc

Le maraviroc est un antagoniste « small molecule », sélectif et lentement réversible de l’interaction entre le CCR5 humain et la gp120 du VIH-1, ce qui empêche le VIH-1 à tropisme CCR5 de pénétrer dans les cellules. Le maraviroc ne possède pas d’activité antivirale in vitro contre les virus qui peuvent utiliser le CXCR4 comme corécepteur. De même, ce médicament n’a pas démontré la même efficacité chez des patients infectés par des virus VIH détectés à tropisme double/mixte.

L’activité antivirale du maraviroc contre le VIH-2 n’a pas été évaluée.

Lors de l’utilisation avec d’autres médicaments antirétroviraux en culture cellulaire, l’association du maraviroc avec différents inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse, inhibiteurs de la protéase ou l’inhibiteur de fusion du VIH, l’enfuvirtide, n’a pas montré d’antagonisme.

Tests de tropisme viral

Il est nécessaire de réaliser un test de tropisme viral dans deux situations :
- avant de prescrire maraviroc à un patient, afin de s’assurer sur un échantillon sanguin récent qu’il n’est pas infecté par un virus à tropisme CXCR4 ou à tropisme double/mixte.
- en cas d’échec thérapeutique sous traitement par antagoniste du CCR5 pour guider le clinicien dans le choix d’une nouvelle combinaison d’antirétroviraux. Cet échec du traitement peut s’expliquer soit par un basculement de tropisme des souches R5 vers un tropisme X4, soit par l’inhibition des souches virales à tropisme R5 favorisant l’émergence de quasi-espèces (souches minoritaires) de VIH à tropisme X4.

Deux types de techniques différentes ont été récemment développés :
- les tests phénotypiques qui déterminent le tropisme en évaluant la capacité des virus du patient (ou des pseudo-virus produits à partir de ceux-ci) à infecter des lignées cellulaires n’exprimant qu’un seul des deux corécepteurs du VIH (CCR5 ou CXCR4) ;
- les tests génotypiques de tropisme qui reposent sur les mêmes principes que ceux des tests de résistance aux antirétroviraux actuellement utilisés de façon habituelle pour l’optimisation des traitements des patients infectés par le VIH. Ils nécessitent le séquençage des zones de la gp120 dont l’analyse permet de déterminer la probabilité d’utilisation des corécepteurs par les virus.

Conclusions de la HAS

Concernant les tests phénotypiques

TROFILE TM a démontré être suffisamment fiable pour administrer le Maraviroc. Ce test détecte les souches minoritaires à tropisme X4 ou double si elles représentent plus de 5 % à 10% des souches virales de l’échantillon testé. Les autres tests à virus recombinants avec des caractéristiques de laboratoire similaires à celles affichées par TROFILE TM (fonctionnant avec des charges virales supérieures à 1000 copies par ml, avec un seuil de détection de X4 minoritaires en laboratoire de 5 à 10%) pourront être utilisés pour administrer le maraviroc. La diffusion de ces techniques est limitée par les contraintes techniques. Il est en effet nécessaire de réaliser ces tests dans un laboratoire avec un confinement de niveau 3. Le délai moyen de rendu des résultats est d’environ 3 semaines pour TrofileTM. Aucune donnée pour les autres tests à virus recombinants n’est disponible, mais ce délai devrait être similaire d’après les experts consultés. Ce délai de 3 semaines est considéré acceptable dans le contexte de la prise en charge des patients infectés par le VIH.

Concernant les tests génotypiques

Il n’existe pas de réponse tranchée sur l’efficacité diagnostique clinique des tests de tropisme génotypiques. Leur concordance diagnostique en laboratoire semble acceptable (environ 90%) avec les tests phénotypiques.

Néanmoins plusieurs inconnues persistent :
- Contrairement aux tests phénotypiques, les réponses en fonction de la charge virale n’ont pas été évaluées.
- De même, le seuil de détection des souches minoritaires reste à déterminer. Ce seuil pourrait être similaire à celui des tests de résistance : 20%.

Les incertitudes actuelles quand à la fiabilité des tests génotypiques peuvent occasionner une perte de chance pour le patient :
- l’administration à tort du traitement à un patient infecté par des souches virales à tropisme X4 ou mixte /double, donc d’un traitement non efficace pour ce patient, retarde ainsi l’administration d’un traitement efficace ;
- l’administration à tort peut favoriser l’émergence de résistances aux autres antirétroviraux de la trithérapie. L’étude ANRS « GenoTropism » [1] en cours, apportera des données sur l’utilisation de ces tests en pratique clinique.

Le niveau de confinement nécessaire pour la réalisation de ces tests est celui d’un laboratoire niveau 2. Pour la France, l’option qui serait la plus rapidement généralisable est celle de l’utilisation des tests génotypiques de tropisme étant donné que tous les laboratoires qui réalisent les tests génotypiques de résistance sont probablement en mesure de l’appliquer.

Source :
- HAS

Pour en savoir plus : Maraviroc : point sur les données cliniques récentes, J. Reynes, Médecine et maladies infectieuses 39 (2009) 5–9

[1] Lancée en 2007 par le groupe Résistance, l’étude GenoTropism vise à étudier la corrélation entre les prédictions génotypiques du tropisme VIH-1 vers les co-récepteurs CCR5 et CXCR4 et la détermination du tropisme par test phénotypique recombinant (test TROFILE). Les inclusions dans cette étude ont pris fin en août 2008, avec le recrutement de 252 patients. Une première analyse intermédiaire a été réalisée. Les données issues des échantillons de 89 patients montrent une bonne concordance et une bonne spécificité de la plupart des algorithmes génotypiques pour la prédiction du tropisme CXCR4 vis-à-vis du test phénotypique. L’analyse finale permettra de préciser et de réévaluer ces données, GenoTropism ayant également pour objectif d’étudier les différents profils d’échappement au maraviroc.

Source : http://femmesida.veille.inist.fr/

KENYA : Plus de 1,4 million de personnes vivant avec le sida au Kenya

Mardi 03 novembre 2009

Plus de 1,4 million de personnes vivent avec le VIH/Sida au Kenya, dont environ le tiers dans la province de Nyanza (ouest), selon un rapport sur les indicateurs de la pandémie dans le pays.

Nyanza compte 417.000 personnes atteintes, suivie de celles de la Vallée du Rift (304.000), de Nairobi (183.000), de la Côte (146.000), de l’orientale (138.000), de l’occidentale (115.000) et de la centrale (95.000), alors que celle du nord-est semi-aride et la moins peuplée du pays n’enregistre que 5.000 cas. Le taux de prévalence de l’infection s’était aggravé en 2007 atteignant 7,1 pc contre 5,1 pc en 2006, le milieu urbain étant le plus touché avec une prévalence de 8,4 pc contre 6,4 pc en milieu rural. Dans ce dernier, la prévalence n’était que de 3,6 pc en 2003, une aggravation qui oblige les autorités sanitaires à lancer une campagne de sensibilisation spéciale par des tests de dépistage à domicile (83,5 pc de ruraux préférant cette option) et dans les différents établissements, selon le directeur du programme de contrôle de la pandémie au ministère de la Santé Ibrahim Mohamed… (suite de l’article)

Source : http://www.casafree.com/

ENTREVUE : Jean-Luc Romero : les propos libres d’un homme engagé

02/11/2009 Actualités Gay G.L.

Avec sa double casquette politique et associative, le conseiller régional d’Île-de-France engagé dans la lutte contre le Sida et le droit à Mourir dans la dignité, répond à nos questions...

Alors que la rumeur l’annonce sur la liste socialiste du président sortant Jean-Paul Huchon pour les prochaines élections régionales en Île-de-France, Jean-Luc Romero a accepté de répondre à nos questions. Évolutions sociétales, lutte contre le Sida, droit à mourir dans la dignité, lutte contre les discriminations et égalité des droits font partis depuis de longues années des sujets dans lesquels s’investit celui qui après avoir subit un coming-out a été le premier et seul homme politique français à faire état de sa séropositivité. L’actualité politique, avec les élections à venir comme l’annonce faite par le président Barack Obama de la levée effective de l’interdiction faite aux séropositifs d’entrée sur le territoire américain, permet à Jean-Luc Romero de donner son point de vue sur ces sujets, point de vue d’un homme toujours engagé, jamais enragé. A cette occasion, Jean-Luc Romero revient aussi, sans complaisance mais sans acrimonie, sur la situation politique actuelle et sa croyance que, sur les questions sociétales, « rien ne bougera »...

CitéGAY : Jean-Luc Romero, dans votre dernier livre « Les voleurs de liberté », vous montrez comment ce sont les mêmes groupes qui s’opposent au droit à l’euthanasie et aux revendications LGBT. Expliquez-nous.

Jean-Luc Romero : En écrivant mon dernier livre « les voleurs de liberté » qui porte sur mon combat pour une fin de vie digne et aussi d’une certaine manière sur mon combat personnel contre la maladie, notamment le sida, j’ai réalisé que ce sont les mêmes qui se sont opposés à l’IVG, et les mêmes qui se sont opposés au PaCS, et les mêmes qui s’opposeront, dans l’avenir, à toute évolution de la société. Ce sont, de mon point de vue, des conservateurs, ultra nostalgiques d’un temps révolu. L’avenir, le changement, leur font peur. Ce n’est même plus une question politique, c’est une question psychologique. Le principe prime sur la liberté individuelle. Mais l’évolution de la société est en marche. Je ne crois pas à la victoire de l’obscurantisme. Pas sur le long terme.

Vous êtes membres du Conseil National du Sida et président d’Élus Locaux contre le Sida. Comment jugez-vous l’action gouvernementale en matière de lutte contre le VIH ?

Le bilan est mitigé. Même s’il y a eu de belles avancées - je pense notamment à la création des COREVIH et aux programmes d’expérimentation sur le dépistage rapide -, je constate que, globalement, la lutte contre le sida n’est plus vraiment une priorité de santé publique. On se contente des dispositifs existants alors qu’au contraire, il nous faut retrouver du courage politique. L’innovation doit être la règle pour éviter l’essoufflement. Je crois aussi que certains dossiers devraient être beaucoup plus soutenus qu’ils ne le sont aujourd’hui : je pense notamment à la réduction des risques en direction des usagers de drogues. Cette politique, saluée par tous au regard des exceptionnels résultats obtenus en matière de santé publique, est en panne, le président de la MILDT (Ndr : Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) ne souhaitant malheureusement pas avancer dans ce domaine... J’attends donc de la part des ministères compétents une réelle prise de position sur ce thème de la RDR (ndr : Réduction Des Risques). ! La grippe A, c’est important. Mais n’oublions qu’à fin octobre, elle a fait 5000 morts dans le monde : le sida c’est 5000 morts, par jour !

Vous avez, à juste titre, dénoncé le scandale de l’interdiction des soins funéraires aux personnes décédées des suites du VIH. Expliquez-nous la situation et où en est ce dossier ?

En France, les personnes décédées séropositives ne peuvent recevoir des soins de conservation. J’imagine que vous trouvez cette situation incroyable et pourtant, en 2009, c’est une réalité ! Vous imaginez facilement les conséquences humaines dramatiques et insupportables : les proches, la famille, les amis d’une personne séropositive morte, ne peuvent lui rendre un dernier hommage, son corps devant être immédiatement mis dans un cercueil ! Je peux vous dire que j’ai connu indirectement la situation et que cela cause des dégâts humains qui démultiplient la souffrance de la perte d’un être cher. Soyons clairs, cette disposition est discriminatoire et totalement injustifiée : faire des soins de conservation sur une personne décédée séropositive n’est pas dangereux pour les personnes pratiquant ces soins, les précautions universelles étant largement suffisantes. Même les États-Unis les autorisent ! J’ai donc demandé l’abrogation des dispositions discriminatoires à Roselyne Bachelot. Dans le même temps, j’ai saisi le Conseil national du sida qui a rendu le 20 mars dernier un avis demandant « l’annulation de l’article 2 de l’arrêté du 20 juillet 1998 en tant qu’il mentionne l’infection à VIH dans la liste des maladies faisant obstacle à la pratique de soins de conservation sur les corps ». Pour ce qui est du ministère, nous sommes en attente... (suite de l’article)

Source : http://www.citegay.fr/

ÉTHIOPIE : Aveuglés par les lumières de la ville

ADDIS ABEBA, 3 novembre 2009 (PlusNews) - Rentrer à l’université constitue une expérience excitante pour tous les jeunes. Toutefois, de nombreux étudiants s’emballent, font trop la fête et oublient de se protéger lorsqu’ils ont des relations sexuelles.

« C’est le moment où on découvre la vie ; on se retrouve sans famille, sans contrainte », a dit Biniam Mohammed, coordonateur de MARCH (Modelling and Reinforcement to Combat HIV/AIDS), un projet né sur le campus Sidist Kilo de l’université d’Addis Abeba (AAU). « Certains en profitent tout en restant raisonnables, mais d’autres prennent des risques : ils mâchent du khat [un stimulant doux], ont [des relations sexuelles non protégées] et ont recours aux services de travailleuses du sexe ». « Parmi ces étudiants, certains ne sont pas pleinement conscients des risques liés au VIH/SIDA, et c’est sans compter la pression des pairs », a-t-il ajouté. Le taux de prévalence du VIH dans l’ensemble de l’Éthiopie est estimé à environ deux pour cent, mais il atteint 7,5 pour cent dans la capitale, Addis Abeba. Selon le Bureau fédéral de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA (FHAPCO), des éléments d’information concernant la généralisation des pratiques sexuelles à risque suggèrent que les étudiants font partie des groupes les plus à risque en terme de vulnérabilité au VIH. Les statistiques recueillies par MARCH indiquent que 50 pour cent des étudiants de l’AAU ont une vie sexuelle active, mais que seule la moitié d’entre eux utilise le préservatif, a dit M. Biniam.

Comportement à risque

« Souvent, ils n’utilisent pas de préservatifs… ils le font sous le coup de l’émotion, sans réfléchir », a dit Selam, un étudiant de l’AAU âgé de 19 ans. Selam a ajouté que les étudiants qui arrivaient de la campagne étaient généralement moins informés au sujet du VIH et ne se débrouillaient pas aussi bien dans un environnement urbain que les jeunes de la capitale. Ils ne sont pas préparés à résister à des avances sexuelles indésirables ou à insister sur l’utilisation du préservatif. D’après Girma Tesfaye, un ancien étudiant aujourd’hui coordonnateur de projets à Addis Abeba pour l’organisation non gouvernementale (ONG) Mekdim, qui s’intéresse aux questions liées au VIH, les étudiantes sont souvent la proie de « sugar daddies » (‘papa sucre’). « Il y a beaucoup de belles filles à l’université, et des hommes plus vieux viennent rôder dans les environs dans leurs belles voitures pour les rencontrer », a-t-il dit. « C’est très commun. Ces hommes ont beaucoup d’argent ; ils font des cadeaux et donnent de l’argent aux filles ». « Les ‘sugar daddies’ ont parfois trois ou quatre partenaires, ce qui facilite la propagation du virus », a-t-il ajouté… (suite de l’article)

Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

FRANCE : Sida Info Service est en deuil

lundi 2 novembre 2009

Dominique Charvet, l’un des fondateurs de Sida Info Service en 1990, est décédé le 25 octobre 2009 à 67 ans. A la veille de sa vingtième année d’existence, les administrateurs, salariés et volontaires de Sida Info Service lui rendent hommage.

Source : http://www.sida-info-service.org/

[1] Wikimedia Commons Author, Raybx973 : La mairie de Cayenne (Guyanne, France).



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