5e Conférence francophone VIH-sida : Casablanca 2010 : mercredi, la clôture, première partie

Texte publié le samedi 17 avril 2010.

5e Conférence francophone VIH-sida : Casablanca 2010 : mercredi, la clôture, première partie

Albert Martin

Reportage : Youssef Shoufan

Il y avait bien peu de Québécoises et Québécois à Casablanca. Parmi nous, on peut mentionner Dr Pierre Côté de la Clinique médicale Quartier latin, aussi vice-président de l’AFRAVIH et membre du comité d’organisation de la conférence, Pierre Chackal du Programme national de mentorat sur le VIH-sida, une expérience québécoise de formation sur le VIH-sida assez unique au monde. Étaient bien présentes, Joanne Otis, Viviane Namaste et Mélina Bernier (COCQ-sida) qui travaillent toutes sur des projets de recherche communautaire, sans oublier Lise Pineault qui représentait la Coalition Plus. Il y avait aussi Dr Benoît Trottier qui présentait cette étude de la Clinique médicale l’Actuel sur l’inutilité de conserver des INTI inactifs dans un traitement de sauvetage avec de nouveaux antirétroviraux. Quelques professionnels de l’Actuel étaient là, dont Réjean Thomas. Il y avait également une présentation de médecins québécois travaillant au Bénin.

Pour ce qui est des organismes communautaires VIH-sida du Québec, ils étaient complètement absents : à part Robert Rousseau de RÉZO, venu parler de dépistage rapide du VIH en milieu communautaire, et moi-même avec une affiche présentant Fréquence VIH comme outil de transmission des connaissances, personne d’autres.

Comme le veut une certaine habitude, il n’y avait aucun média québécois ou canadien, grands quotidiens ou réseaux de télé, à cet événement francophone sur le VIH-sida. À part notre intrépide journaliste indépendant Youssef Shoufan, venu travailler là-bas pour Fréquence VIH, on peut dire sans fausse modestie que, sans lui et sans Fréquence VIH, presque personne au Québec ou au Canada n’entendrait parler de cette conférence.

Michel Sidibé

 [1]

C’est donc dire qu’en comptant Youssef et deux ou trois autres personnes qui auraient pu m’échapper, le Québec était représenté par une quinzaine de délégués sur un total de 1,500. Je vous laisse calculer le pourcentage ! Cette absence massive de la société québécoise et du milieu VIH du Québec n’est pas la conséquence des choix du comité organisateur de la conférence, cette absence, elle nous appartient, cet immobilisme est le nôtre. Et puis, quelle honte pour la deuxième puissance de la Francophonie !

L'audience pendant le discours de Michel Sidibé

 [2]

J’en retiens le commentaire du Dr Norbert Munyarukato de Handicap International de Lyon devant l’affiche présentant Fréquence VIH : « Vous, les Québécois, vous faites des choses que personne d’autre ne fait, des projets et des recherches communautaires exceptionnels, mais on vous découvre par hasard, vous ne venez pratiquement jamais nous les faire connaître. » J’aimerais que son message soit entendu et même plus j’aimerais que le milieu VIH du Québec avec ses intervenants et ses chercheurs développe une habitude de collaboration et d’échange avec toute la Francophonie. Cette collaboration ne servirait pas uniquement à nous faire connaître, elle nous ouvrirait les yeux sur les réalités VIH des autres pays francophones. Il y a même un prix à payer quand on ignore tout de la culture des PVVIH francophones qui viennent habiter chez nous. Si on ignore tout des réticences des hommes burkinabés à fréquenter les lieux de prise en charge, comme nous l’explique brillamment Blandine Bila, on risque de très mal les accompagner ici. L’ignorance et l’incompréhension ont toujours marché main dans la main.

L'activisme à Casablanca 2010

 [3]

Cette ignorance et cette incompréhension sont au cœur même des propos dénonciateurs d’Oumar Diop, coordonateur de Handicap Formeduc au Sénégal, propos recueillis par notre journaliste Youssef Shoufan.

[1] Michel Sidibé, directeur exécutif d’ONUSIDA

[2] L’audience pendant le discours de Michel Sidibé

[3] L’activisme à Casablanca 2010



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